Étudier en français - Le français n'est pas seulement une langue-culture
Mots clés : Fédération internationale des professeurs de français, Congrès mondial, Français (langue), Éducation, Québec (province)
« On sent une forte motivation pour faire du français une langue d'avenir»

du congrès. Mme Hardy venait d'ailleurs de terminer son mandat en qualité de présidente de l'Association québécoise des enseignants de français langue seconde, l'une des associations hôtesses du congrès avec l'Association québécoise des professeurs de français.
«On sent dans les corridors une forte motivation pour faire du français une langue d'avenir. Rien n'est gagné, mais cela demeure un combat. Les défis sont nombreux, mais il existe un désir, que j'ai retrouvé chez les participants tout au long de la semaine, pour faire du français une langue vivante», lance-t-elle d'un souffle.
«Par exemple, poursuit Mme Hardy, une dame venue de l'Iran nous a montré une revue que son association publie en français. Elle nous a montré ça en disant: "Ça fait dix ans qu'on tient à offrir ce service à nos membres". Je trouve ça vraiment extraordinaire!» La FIPF regroupe quelque 80 000 enseignants répartis entre 170 associations.
Le congrès
Qu'en était-il au juste de ce congrès? La documentation avance que la construction de l'identité culturelle prend ses racines dans l'environnement géographique, historique, social, politique, scolaire et religieux et qu'elle connaît des variations importantes selon que la personne vit dans une culture homogène ou multiethnique, en milieu linguistique majoritaire ou minoritaire. Dans cette construction identitaire, les enseignants du français comme langue première, seconde ou étrangère jouent un rôle de premier plan, notamment parce qu'ils sont des acteurs privilégiés de la mise en oeuvre réelle de la diversité des langues et des cultures sur les cinq continents.
Deux questions existentielles coiffaient ce postulat: est-il possible de faire vivre et rayonner toutes les identités francophones à travers le monde? La mondialisation peut-elle contribuer à l'émergence d'une concertation large et consensuelle qui favorise et promeuve le dialogue entre les langues et les cultures?
Cela dit, les échanges étaient divisés en quatre grands thèmes. Premièrement, il était question des enjeux culturels et littéraires autour desquels les participants devaient notamment réfléchir aux questions suivantes: quelle place accorder à la culture et à la littérature dans la classe de français? Quels sont les rapports entre la littérature et la langue et leur interdépendance? Ou encore, choisir d'écrire en français, un enjeu de taille?
À cette dernière question, Nicole Lacasse, vice-rectrice adjointe aux études et aux activités internationales à l'université Laval, un partenaire important du congrès, répond par l'affirmative: «Écoutez, cette question, nous nous la posons sérieusement. C'est en fait une question que l'on se pose tous les jours. Quand un chercheur publie, il veut être lu par le plus grand nombre de personnes possible. C'est un enjeu bien réel. Et nos collègues de France ont fait des choix drastiques en publiant de grandes revues en anglais qui étaient à l'origine publiées en français. Les moins "agressifs" publient dans les deux langues.»
Existe-t-il des solutions? «Je ne sais pas. Mais je sais, par contre, qu'il faut faire des efforts pour faire vivre des publications en français», souligne Mme Lacasse.
Mondialisation : bonne ou mauvaise ?
Les autres grands thèmes abordés en cette fin de juillet à Québec portaient sur la pédagogie et la didactique, les technologies et tout ce qui touche aux enjeux sociopolitiques. À ce titre, les enseignants avaient à répondre à des questions aussi importantes qui permettraient d'établir une définition de la francophonie d'aujourd'hui, tout comme de trouver des façons de l'affirmer. En d'autres mots, est-ce que la mondialisation à forte prédominance anglophone doit être vue comme une menace pour le fait français ou comme une occasion à saisir?
«C'est une menace et il faut la prendre au sérieux. C'est aussi une occasion propice. Je crois que ce n'est ni noir ni blanc, tout est dans la nuance», répond Nicole Lacasse, ajoutant que la mondialisation est au coeur de la mouvance des universités. «Chez nous, à l'université Laval, on le vit au quotidien. Chaque année, 1000 de nos étudiants vivent des expériences à l'étranger par l'entremise de nos accords internationaux. Dans l'autre sens, nous allons cette année accueillir de l'étranger pas moins de 2000 étudiants et quelque 2000 immigrants reçus. Vous voyez bien qu'avec 4000 étudiants la mondialisation est pour nous une réalité tous les matins!»
«Dans l'esprit de ce congrès, note de son côté Marguerite Hardy, la mondialisation est vue comme une occasion de restituer le français. On voit la mondialisation comme un tremplin, comme un espace d'avenir pour la langue française.»
Notons en terminant que, au terme du congrès, les participants ont adopté ce qu'ils ont appelé la Déclaration de Québec. Cette déclaration stipule notamment que la quête de l'identité francophone passe par une reconnaissance de la diversité à la fois linguistique et culturelle, que le français n'est pas seulement une langue-culture mais aussi une langue-outil (langue de travail et langue de communication) en prise sur le marché du travail et les grands enjeux de la mondialisation et que la francophonie institutionnelle, par ses politiques d'aménagement, constitue le pilier de la francophonie linguistique et culturelle.
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Collaborateur du Devoir
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