Oenotourisme, PQ
Mots clés : vin, Oenotourisme, Alimentation, Tourisme, Québec (province)

La qualité des vins? Nous voilà sur le fil de fer du trapéziste. Si vous parlez de la qualité de vos préjugés, vous vous assurez d'office une place sur le podium olympique de la qualité made in China. Si, au contraire, votre ouverture d'esprit vous fait voir au-delà de la tour de plongeon de 10 mètres tout en donnant la chance au coureur 110 mètres haie de ne pas s'enfarger dans ses lacets, vous risquez quelques belles surprises au fil d'arrivée. Pourquoi me permettrais-je de vous tendre la perche, sachant qu'il n'y a que les triples sots qui persisteront à ignorer l'évolution qualitative de notre production locale? Il s'est tout de même passé pas mal de choses depuis les jeux de Sydney.
Mais ce n'est pas non plus en agitant le fleurdelisé à tous vins qu'on doit fermer les yeux, et le nez, et la bouche, sur cette autre production de vins québécois qui n'arrivent pas à la cheville du dernier marathonien sorti du smog. «Quant aux rouges du Québec, je veux bien vous entendre m'expliquer comment on peut continuer à s'acharner à produire un tel jus... C'est un peu comme si on essayait d'inventer un vin qui ne goûte pas le vin. C'est quand même curieux!», m'écrivait récemment Marc Laforêt, de Montréal, visiblement troublé par la performance des vins en question. On souhaiterait une bonne partie de ping-pong pour départager tout ça!
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L'Association des vignerons du Québec (AVQ), qui compte actuellement 48 membres actifs, travaille à serrer la vis (du pressoir) en proposant un cahier des charges strict à ses vignerons. Une «Certification Québec» devrait voir le jour cet automne, certification qui assurera entre autres que le vin d'ici est exclusivement élaboré à partir de raisins cultivés au Québec.
Il aura fallu une vingtaine d'années (l'association a vu le jour en 1987) pour en arriver là, mais il faut savoir aussi que plusieurs vignerons n'ont pas attendu la vendange 2008 pour faire une démarche qualitative, sur le terrain comme au chai. Des résultats plus que probants. Et là, je ne vous parle pas seulement du fameux vin de glace, mais d'une batterie de cuvées proprement vinifiées et témoignant d'une adéquation juste entre le trio cépage-climat-terroir.
Oui, messieurs dames, les bons vins existent au Québec. Il n'y a pas encore de Montrachet en Montérégie et il n'y aura jamais de Pétrus du côté de Sainte-Pétronille, mais qui diable voudrait d'ailleurs d'un autre chardonnay ou d'un autre merlot? Rien à cirer. Nos cépages autochtones intriguent et déroutent, certes, mais ils ont le mérite de proposer un profil différent de flaveurs. Un profil qui déculottait (en autant que ce soit possible) des collègues journalistes français attablés en compagnie de vignerons alsaciens lors d'une dégustation à l'aveugle, il y a deux ans, à Paris.
Sans être le «Jugement de Paris», façon Spurrier en 1976, j'avais profité de la démarche pour y glisser quelques candidats en blanc. Le cours de l'histoire du vin n'avait peut-être pas dévié de sa trajectoire depuis Pline l'Ancien, mais j'avais réussi à bousculer quelques idées reçues chez nos cousins de la fesse droite. Essayez, vous, de convaincre un Français quand il s'agit de vin!
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Le tourisme oenologique, ou oenotourisme, est en forte croissance parmi les régions vinicoles «sérieuses» aux quatre coins de la planète vin. Les Basses-Laurentides, la Montérégie, la région de Québec et les Cantons-de-l'Est proposent aussi, dans ce sens, le bâton de pèlerin et le verre de vin. Prendre la route des vins du Québec, c'est déjà se situer dans son propre pays en questionnant ses ressources, en évaluant du savoir-faire.
C'est aussi se dégourdir les jambes, sortir du vestiaire de ses préjugés, fouler limons fertiles, schistes filtrants et autres sables non bitumineux, et aller au-devant de femmes et d'hommes qui ne veulent certes pas faire la révolution et réinventer le pressoir mais plutôt vous dire qu'il est possible de faire du vin au Québec, et du bon. Soyez d'ailleurs franc et critique avec eux. S'ils le prennent, disons, «personnel», c'est que leur orgueil est encore marqué au sceau «p'tit Québec».
Pour les autres, la démarche se poursuit, mélange d'erreurs et de tâtonnements mais aussi de questionnements avisés et de réussites étonnantes. Une génération de viticulture québécoise ne renversera pas cinq siècles de travail vinicole au Château Haut-Brion, par exemple. Mais il faut bien démarrer quelque part!
Sur le terrain, pour faire l'école buissonnière, prenez déjà la Route des vins, avec ses 25 vignobles à découvrir (www.vignerons-du-quebec.com), puis, parce que vous vous découvrez un intérêt que vous n'avez jamais osé vous avouer, poursuivez avec La Fête des vendanges Magog-Orford (% 1 888 847-2050, www.fetedesvendanges.com), qui célèbre cette année, en grande pompe, son 15e anniversaire. Quand? Les 30, 31 août et 6 septembre, de 11h à 20h, et les 1er et 7 septembre, de 11h à 18h.
Potentiel de vieillissement du vin: 1, moins de cinq ans; 2, entre six et dix ans; 3, dix ans et plus. ©: Le vin gagne à séjourner en carafe.
Jean Aubry est l'auteur du Guide Aubry 2009 - Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $, à paraître en octobre prochain.
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