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Idéfix
Le plus bel exemple est celui de l'invasion de l'Irak, sans l'aval de l'ONU et sans une bonne connaissance des effets de cette invasion et des réactions de la population. Un autre exemple, est l'installation du bouclier antimissiles en Europe de l'Est, sans apprécier exactement les réactions et le mécontentement du Kremlin, qui perçoit ce bouclier dirigé contre la Russie, bien plutôt que contre l'Iran.
Pour ce qui est de la Géorgie, il faudrait savoir si la réaction du président géorgien en vue de réintégrer l'Ossétien du Sud dans le sein de la Géorgie s'est faite sans que l'administration Bush en soit informée. Étant donné les liens étroits qui existent entre la Géorgie et les États-Unis, on peut se poser la question. On peut se la poser d'autant plus que la réaction russe était largement prévisible militairement; les blindés russes se trouvaient dans les environs, si l'on tient compte de leur entrée en action extrêmement rapide et les satellites des États-Unis devaient avoir une vue claire de la situation.
Le président Mikheïl Saakachvili se serait-il alors engagé dans cette opération risquée avec l'acquiescement plus ou moins explicite de l'administration Bush, dans le but d'internationaliser le cas de l'Ossétie du Sud et même de l'Abkhazie? Un affrontement du genre guerre froide réchauffée par pays interposé, entre les États-Unis et la Russie, se cache-t-il derrière cette guerre, avec en arrière plan l'inclusion de la Géorgie dans l'OTAN? En tout cas, il semble difficile d'imaginer que le président géorgien s'est engagé dans cette aventure sans en avoir soupesé les conséquences, bien placé qu'il est pour les connaître. Aurons-nous un jour une réponse à ces questions? En attendant, comme en Irak, ce sont les civils qui font les frais de rivalités et de calculs politiques, géopolitiques ou géoéconomiques (le pétrole, une fois encore) qui leur passent bien au-dessus de la tête. Il est dangereux d'avoir des idées fixes.
