« La Chine est une sorte de cerveau collectif formaté par une autorité à la fois brutale et raffinée, ce qui fut historiquement la marque des grands empereurs chinois. » Quant à moi, la Chine se distingue de nos contrées que par la manière de s'y prendre pour formater les cerveaux de ses habitants. Chez-nous, les méthodes de formatage sont plus « soft » mais tout aussi efficaces. Car il ne faut pas se leurrer, le pouvoir n'existe pas ; seul la soumission existe (que serait le pape s'il n'y avait personne pour l'écouter ?). Et pour obtenir cette soumission, il faut bien sûr formater « correctement » les esprits. La différence chez-nous c'est que les sources de formatage sont plus fractionnées, moins concentrées qu'en Chine. Nos spécialistes en relations publiques ne sont pas qu'à la solde de l'État, mais aussi des grandes entreprises, d'institutions et de mouvements de toutes sortes.
Chez-nous, si nous acceptons qu'une entreprise, dont la priorité est de faire des profits, puisse décider dans quel sens doit être orienté les recherches pour développer un nouveau médicament, c'est que nous avons l'esprit formaté pour accepter une telle aberration. Si nous acceptons qu'un holding, qui a d'importants intérêts dans divers champs d'activités économiques, puisse aussi se charger, par le biais d'une propriété médiatique, de nous informer, c'est aussi parce que notre esprit est formaté pour avaler une telle chose. Mais il faut convenir que nos méthodes de formatage sont plus « sexy » que celles de la Chine, bien que ce soit parce qu'elles sont plus sexy qu'elles sont aussi plus pernicieuses.