Festival international des arts de la marionnette - L'Italie et le Québec, main dans la main
Mots clés : Festival international des arts de la marionnette, Culture, Art, Italie (pays), Québec (province)
Jumelage nouveau genre

D'ailleurs, il est à noter que le grand maître de la guaratelle, Salvatore Gato, se rendra au Saguenay pour cette édition du Festival international des arts de la marionnette. «Il présentera son spectacle, Pulcinella: 500 anni portati bene, en italien, à la manière d'il y a 500 ans», indique Mme Lavoie.
Projet Québec-Italie
Les Québécois sont souvent bien fiers de leurs racines latines et, sur un plan concret, il semble que celles-ci facilitent le travail de collaboration avec les Italiens. C'est du moins ce qu'a remarqué Denise Lavoie, qui travaille avec des artistes italiens depuis 2002 dans le cadre du projet de jumelage Transity.
«Nous travaillons vraiment très bien ensemble. Même si nous n'avons pas le même rapport au temps, au travail et à l'espace, nous nous rejoignons beaucoup dans notre sens de la fête, de l'humain et de la famille. Comme eux, nous sommes très expressifs, nous parlons fort, particulièrement nous, au Saguenay.»
Heureusement, puisque Transity se voulait un projet à long terme. Et ce n'est pas une traditionnelle coproduction, mais un véritable jumelage nouveau genre.
«Nous voulions innover et garder l'aspect culturel très fort dans l'écriture et la mise en scène, qui a souvent tendance à s'atténuer dans des coproductions classiques, puisque chacun met de l'eau dans son vin», remarque la directrice générale du festival.
Ainsi, sur le thème du lyrisme, l'auteur saguenéen Daniel Danis a écrit Kiwi, alors que l'Italien Diego Fabbri a écrit I Testimoni. Pour monter les deux spectacles en version québécoise et italienne, le festival a fait appel au collectif La Chassepinte, avec pour metteure en scène Guylaine Rivard, et, du côté italien, à la Compagnia Porte Girevoli sous la direction de Claudio Cinelli.
«C'était fascinant de comparer comment notre équipe travaillait par rapport à la troupe québécoise, croit M. Cinelli, rejoint en Italie. C'était intéressant de voir que les Québécois ont beaucoup de plaisir en travaillant sur un texte et qu'ils n'ont pas peur de prendre des libertés, d'interpréter le texte à leur façon, alors qu'en Italie on est peut-être un peu plus coincé dans ce domaine-là.»
D'ailleurs, les Italiens ne l'ont pas eu facile avec Kiwi, remarque Denise Lavoie. En effet, le texte parle beaucoup des jeunes de la rue, de la souffrance vécue par plusieurs adolescents, de l'itinérance et de la consommation de drogues, des réalités bien connues des Québécois. «Or, en Italie, c'est différent. Le phénomène des jeunes de la rue n'existe pas. Lorsque des jeunes tombent dans la criminalité, il arrive souvent qu'ils soient pris en charge par la mafia. Tout ce qu'ils font est beaucoup plus caché qu'ici. Ils ne se retrouvent pas à la rue. Leur version de Kiwi est donc moins axée sur l'itinérance que celle des Québécois», indique-t-elle.
Les festivaliers pourront donc, dans une même journée, assister aux deux versions d'un même texte. Après chaque représentation, le public aura la chance de discuter avec les artistes de différents aspects de leur travail.
Teatro Gioco Vita
L'équipe de ManiganSes est également très fière de recevoir Teatro Gioco Vita, une référence dans l'art de la marionnette. La compagnie est en fait une fine ambassadrice de ce qu'est devenu le théâtre d'ombres italien, sans toutefois en oublier les origines.
«Teatro Gioco Vita est ni plus ni moins un leader mondial du théâtre d'ombres. Il nous aurait été impossible de faire un spécial Italie sans qu'il soit présent», affirme la directrice générale de ManiganSes.
La compagnie, qui a plus de 35 ans, présentera son spectacle Pépé e Stella, qui incorpore la musique et le jeu au traditionnel théâtre d'ombres. Par la suite, la création de Teatro Gioco Vita prendra la route du Québec pour une tournée de 53 représentations.
À l'occasion du festival ManiganSes, des professionnels de la marionnette québécois auront aussi la chance de suivre une formation de 60 heures donnée par Fabrizio Montecchi, le metteur en scène de Teatro Gioco Vita, et Nicoletta Garioni, conceptrice de silhouettes et de costumes. Les participants travailleront les relations complexes entre les corps, les silhouettes et l'ombre, de façon à diversifier leurs compétences et leurs habiletés.
Exposition de théâtres de papier
Si Claudio Cinelli vient au Québec pour nous présenter le résultat de son travail sur les textes Kiwi et I Testimoni, il en profitera également pour montrer qu'il a plusieurs cordes à son arc. Le designer et architecte de formation a réalisé, au cours de sa carrière, différentes expositions et, cette fois, il traversera l'Atlantique avec une partie du travail qu'il a réalisé pour l'Istituto per i Beni Marionettistici e il Teatro Popolare de Turin.
«Au total, il y aura une trentaine de théâtres de papier exposés provenant de différents pays d'Europe, comme l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne et la France. Les pièces datent des années 1840 à 1950 environ», indique M. Cinelli.
Et, attention, le metteur en scène, marionnettiste, designer et architecte nous promet une exposition qui sort des sentiers battus. «En fait, ce n'est pas une exposition que je vous propose, car je déteste les musées, affirme-t-il. C'est plutôt un voyage à travers l'Europe que je vous offre, dans la fantaisie, à travers la tradition des théâtres de papier.»
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Collaboratrice du Devoir
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Pour plus d'information: www.maniganses.com.
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