Le malaise, c'est que, même parmi les auteurs, compositeurs, interprètes (ACI), toutes générations confondues, qui évoluent loin de la sphère pop commerciale, la méconnaissance de l'oeuvre de Félix Leclerc demeure grande.
Alors qu'il est normal pour un chanteur français de connaître l'oeuvre de Brassens, pour un musicien américain de connaître celle de Dylan, très, très peu d'ACI québécois connaissent bien l'oeuvre de Vigneault ou de Leclerc. Il n'est pas inintéressant de noter qu'en général ce sont surtout des chanteuses qui ont tendance à chanter Vigneault et Leclerc. La sensibilité québécoise, si bien chantée par nos deux bardes, n'est pas facile à porter pour les hommes d'ici semble-t-il. Dans cette sensibilité se trouve peut-être caché notre coeur avec toute sa richesse, toute sa force. Aurons-nous un jour le courage d'assumer ce que nos chantres ont si bien su nous montrer de nous-mêmes?