Ce matin, en ouvrant le journal, je me suis senti rassuré. M. Charest a refroidi l'enthousiame des jeunes libéraux prêts à casser la baraque. Tripler les frais de scolarité. Bilinguiser une fois pour toutes le Québec et mâter les syndicats. Un beau programme! M. Charest est subitement devenu le champion de la défense du français. Rappelons que lui et sa ministre, Mme St-Pierre, refusent obstinément de renforcer la loi 101. Quant aux frais de scolarité, la différence entre la position du premier ministre et celle des jeunes libéraux en est une de rythme. Le dégel des frais de scolarité est dorénavant un fait établi. Ce n'est qu'une question de temps. Il n'est pas farfelue de penser qu'un jour le Québec rattrapera les autres provinces. Peut-être pas aussi vite que les jeunes libéraux le voudraient mais l'idée fait son chemin. Heureusement que le mouvement étudiant est aux aguets. Finalement, les syndicats peuvent être rassurés. M. Charest les considère comme des partenaires. Il entend les consulter et travailler avec eux. Voeux pieux et bonnes intentions! L'enfer en est pavé! Je recommande au premier ministre de passer en seconde vitesse et de non seulement consulter, ce qui n'engage à rien, mais de négocier véritablement avec les syndicats du secteur public en prévision de la prochaine ronde de négociation qui arrive à grand pas.
Paul de Bellefeuille
Laval