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Sophie Pascal (spascal@sympatico.ca)
Envoyé Le lundi 04 août 2008 11:00



Je suis bien d'accord avec l'excellent Yves Bernard sur la plupart de ses observations. Par contre, je n'ai pas trouvé qu'il y ait du renouveau sur la scène world montréalaise à un point tel qui justifierait le placement en salle comme il le préconiserait, à part les spectacles extrêmement bien montés et exécutés comme celui de Lilison, qui, lui, est le seul parmi ceux identifiés, à mon opinion, à en être digne.

Peut-être que chez les grands festivals comme les Francos et le Jazz on ait décidé qu'il valait mieux que la musique du monde locale soit présentée à un public local plus large et néophyte afin de faire connaître le genre. Peut-être aussi que les artistes locaux vivent mal pour la plupart s'ils ne tournent pas à l'extérieur du Québec comme ça a été le cas pour Mohamed Coulibaly, et s'essoufflent à la longue. Après 10 ans, sinon plus, à vivre d'amour et d'eau fraîche en essayant de se frayer un chemin vers la gloire et la reconnaissance, sans soutien financier ou médiatique, en constatant que c'est toujours, en effet, les artistes internationaux qui se retrouvent en salle avec les gros cachets car les diffuseurs les trouvent plus facilement et moins chers quand ils sont déjà en tournée, etc., etc., il y a de quoi se décourager. Souvenons-nous pourquoi le Off Festival de Jazz a été créé...

Il reste que personne ne s'en sortira gagnant en autant que le soutien médiatique commercial ne suit pas la production culturelle. Et c'est le cas, depuis 20 ans que la musique du monde existe au Québec, que les militants de musique du monde (car ça en prend!) se tuent à frapper aux portes closes des radios commerciales pour faire passer de la musique qui fait un tabac dans d'autres marchés et qui saurait pourtant catapulter autant la connaissance du genre que la reconnaissance des artistes locaux et internationaux sans compter les ventes de disques et par conséquent, la qualité des spectacles qui sera naturellement appelée à mieux se définir par rapport à la concurrence.

Il faut voir dans la petitesse des esprits locaux la cause immédiate de l'aspect plutôt terne, selon moi, de la scène world montréalaise d'aujourd'hui.

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