Diane Dufresne-Terre planète bleue - Fortes impressions et vains discours

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Sylvain Cormier
Édition du lundi 04 août 2008

Mots clés : FrancoFolies, Diane Dufresne, Musique, Montréal

Diane Dufresne et ses amis chantant Terre planète bleue.

Photo: Jacques Grenier

Dans ce spectacle que proposaient sur la grande scène de la Catherine hier Diane Dufresne, ses amis chanteurs, ses amis musiciens, ses amis acrobates et ses amis scientifiques, durant cette heure et demie célébrant la Terre planète bleue et sonnant son probable glas, on a beaucoup parlé pour dire une seule chose: il faut agir maintenant. Peut-être le message aurait-il pu s'appliquer à spectacle d'impressions fortes et de vains discours: parler c'est bien, agir c'est mieux.

Ou alors, à tout le moins, parler haut et fort, tel Steven Guilbeault, d'Équiterre, qui a livré une sorte de slam écolo, martelant des slogans rimés, efficaces en diable. Tout le contraire d'un Jean Lemire, le biologiste-cinéaste, dont les images de bébé blanchon se lovant sur le bedon de maman blanchon passaient autant à côté de la question que sa lecture monocorde: un show devant 50 000 personnes n'est pas une chronique lue en prenant son café, et la sensiblerie ne fesse certainement pas aussi fort qu'un Pagliaro nous flanquant Les Bombes dans les gencives, avec Diane Dufresne hurlant avec lui le refrain, habillée en fantassin. Passe encore que Jacques Languirand, soutenu par une chorale, nous lise du Chief George: l'homme aux sourcils libres sait communiquer, sait lire. On ne pouvait en dire autant de Laure Waridel et Hugo Latulippe, gens admirables certes, mais incapables de soulever une foule, voire d'en garder l'attention.

L'intention de Diane Dufresne était louable: offrir une telle tribune à des activistes méritants ne manque pas de générosité. Mais était-ce utile? Ce qui fonctionnait, ce qui était puissant et rentre-dedans, c'était Diane Dufresne toussant, puis hurlant: «Donnez-moi de l'oxygène!» C'était Dufresne déguisée «bag lady», enchaînant Le Monde est fou et Hymne à la beauté du monde, textes à portée planétaire signés Plamondon. C'était Richard Séguin, en prise directe avec la terre, chantant simplement ce qui en disait le plus long: Qu'est-ce qu'on leur laisse?

Il y avait des trouvailles de mise en scène, chevaux et oiseaux-marionnettes traversant la foule par le couloir de sécurité, acrobates soulevant Guilbeault à la fin de son numéro, jouant les petits soldats avec Dufresne, mais ce spectacle n'était jamais plus réussi que lorsque la chanson en était le centre: Michel Rivard chantant une extraordinaire version de Je voudrais voir la mer, sur fond de chorale. Nul besoin d'images de baleines et de vagues. La mer, dans cette voix, cette mélodie, cette chorale, on la voyait déjà. Dans un bon spectacle, fut-ce un spectacle à vocation écolo, tout devrait être dans les chansons. Hier, tout l'était, quand on enlevait le reste.


Vos réactions


Sylvain Cormier et Terre planète bleue, vaine critique - par Richard Langevin
Le mercredi 06 août 2008 20:00

L'intelligence du peuple - par DesRochers Sylvie
Le lundi 04 août 2008 23:00

La chanson est sociale parce que populaire - par Jean Pierre Bouchard
Le lundi 04 août 2008 18:00

Magnifiques interprétations - par Alain Caron
Le lundi 04 août 2008 14:00

Ce n'est jamais le lieu! - par Jean-François Lessard
Le lundi 04 août 2008 11:00

Jugement discutable - par Jacques Léger (ljleger@sympatico.ca)
Le lundi 04 août 2008 10:00

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com
  Publicité - Un produit ou un service ?