Le marché américain de l'emploi continue de s'affaiblir

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AFP
Édition du samedi 02 et du dimanche 03 août 2008

Mots clés : crise de l'immobilier, marché américain de l'emploi, Économie, Chômage, États-Unis (pays)

Pour un septième mois consécutif, l'économie américaine perd des emplois; 51 000 en juillet

Des demandeurs d'emploi remplissent des formulaires dans un centre d'emplois de New York.

Photo: Agence France-Presse

Washington -- Les États-Unis ont perdu des emplois pour le septième mois consécutif en juillet, tandis que le chômage bondissait à son plus haut niveau en quatre ans, confirmant les difficultés persistantes de l'économie dans le sillage de la crise de l'immobilier.

L'économie a supprimé 51 000 emplois en juillet, ce qui est une relativement bonne surprise car les analystes s'attendait à 75 000 licenciements nets. De plus, les révisions font ressortir 51 000 pertes d'emplois pour juin et

47 000 pour mai, au lieu de 62 000 annoncé initialement pour chacun des deux mois.

Bond du chômage

Mais dans le même temps le chômage a bondi à 5,7 % de la population active, contre 5,5 % le mois précédent, ce qui est le niveau le plus élevé depuis mars 2004.

«Ce sont des chiffres faibles», a estimé Stephen Gallagher, de la Société Générale. «Mais compte tenu de la morosité ambiante, ils révèlent en même temps une résistance inattendue», a-t-il ajouté.

La Bourse de New York a d'ailleurs réagi avec soulagement dans un premier temps, avant de plonger dans le rouge, plombée par les pertes trimestrielles de General Motors.

Les analystes avertissent toutefois qu'il y a peu de raison d'espérer une embellie rapide.

«Même si le déclin de l'emploi n'a pas été énorme, il a concerné un grand nombre de secteurs, seuls la santé et le secteur minier affichant un semblant de vigueur», a noté Nigel Gault, du cabinet Global Insight.

Les suppressions d'emplois ont en effet été la règle quasi générale: 22 000 dans le bâtiment, 35 000 dans l'industrie, 17 000 dans la distribution et 24 000 dans les services aux entreprises. De plus «le nombre d'heures travaillées a décliné, ce qui n'est pas de bon augure pour les futures embauches», a ajouté M. Gault.

Le département du Travail a avancé un élément d'explication au bond du chômage en soulignant la «hausse notable» observée ces trois derniers mois chez les 16-24 ans, qui ont eu plus de mal à trouver un job d'été.

Pour leur part, certains économistes expliquent le relativement faible niveau des licenciements par le contre-coup de la «reprise sans emploi» que les États-Unis avaient connue après la récession de 2001.

«Nous avions alors eu un niveau d'embauches décevant, et c'est peut-être une bonne nouvelle aujourd'hui, car nous n'avons pas la vague de licenciement généralement associée à un ralentissement économique», note Scott Anderson de la banque Wells Fargo.

Sursis

Ce sursis pourrait ne pas durer. À présent que l'effet des chèques de remise d'impôt commence à se dissiper, la croissance risque de ralentir fortement d'ici la fin de l'année, voire de devenir négative au quatrième trimestre.

«Nous risquons alors de voir une dégradation de la situation de l'emploi, avec près de 100 000 licenciements par mois vers la fin de l'année», avertit John Lonski, de Moody's.

Ce rapport sera soigneusement décortiqué par la banque centrale (Fed) qui réunit son comité de politique monétaire (FOMC) la semaine prochaine.

Pour les analystes, on s'achemine tout droit vers un maintien à 2 % du taux directeur.

«Les chiffres d'aujourd'hui n'étaient ni assez forts, ni assez faibles pour donner une bonne raison à la Fed de changer sa politique à court terme», estime M. Lonski.

Même si les inquiétudes sur la croissance ont été ravivées ces derniers jours, notamment jeudi après l'annonce d'une croissance décevante de 1,9 % (en rythme annuel) seulement au deuxième trimestre, la Fed reste aussi très occupée des signes de tensions inflationnistes.

«Étant donné que l'inflation reste inconfortablement élevée pour la Fed, elle sera aussi réticente à baisser ses taux» estime M. Anderson.


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