GM creuse ses pertes à une profondeur abyssale

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AFP
Édition du samedi 02 et du dimanche 03 août 2008

Mots clés : deuxième trimestre, pertes, General Motors, Économie, Entreprise, États-Unis (pays)

Le constructeur américain inscrit une perte de 15 milliards au deuxième trimestre, l'une des pires de son histoire

Le siège social de GM, à Detroit au Michigan

Photo: Agence France-Presse

New York -- Le premier constructeur automobile américain, GM, en pleine refonte de sa production, a creusé ses pertes à 15,5 milliards de dollars au deuxième trimestre, dépassant les prévisions les plus sombres du marché alors qu'il avait averti mi-juillet de pertes «significatives».

General Motors a publié hier l'une des pires pertes trimestrielles de son histoire, après un bénéfice de 891 millions au 2e trimestre 2007. Il cumule désormais 18,7 milliards de perte nette sur le premier semestre, après avoir perdu près de 39 milliards sur l'ensemble de 2007.

Ses ventes ont reculé de 18 % à 38,2 milliards, sous les 44,6 milliards envisagés par le marché.

À l'origine de ces mauvais résultats, GM a provisionné une série de charges, pour 9,1 milliards, en raison notamment sa coûteuse restructuration aux États-Unis. En juin, 19 000 ouvriers étaient partis via un guichet départs, selon GM, qui prévoit aussi de tailler dans ses effectifs de cols blancs.

Un marché changeant

Le constructeur souffre en effet du ralentissement du marché automobile aux États-Unis et de la chute encore plus marquée des ventes de gros 4x4 et pick-up, ses modèles les plus rentables.

«Le marché a connu au 2e trimestre l'un des changements les plus rapides que j'aie jamais vus», a déclaré le directeur financier Ray Young en conférence téléphonique.

À cause des États-Unis, GM a perdu des parts de marché au niveau mondial (de 13,2 % à 12,3 % sur un un an) au 2e trimestre, ce qui a permis à son grand rival, le japonais Toyota, de conforter son nouveau leadership mondial sur le premier semestre.

À la Bourse de New York, l'action GM chutait de 4,07 % à 10,62 dollars, le marché s'inquiétant des pertes et des liquidités de GM.

La direction, qui avait prévenu le marché de lourdes pertes mi-juillet -- en même temps qu'elle dévoilait de nouvelles mesures de restructuration --, a voulu rassurer les investisseurs.

M. Young a martelé que «GM a suffisamment de liquidités»: 21 milliards à la fin du mois de juin, et cinq milliards disponibles sous forme de lignes de crédit.

Liquidités parties en fumée

GM a brûlé 3,6 milliards de ses liquidités au 2e trimestre, alors que les analystes tablaient sur trois milliards. La raison en est la coûteuse refonte du «mix produits» de GM, qui met le cap sur les modèles compacts et économes en carburant tout en réduisant ses inventaires de gros 4x4 et pick-up, trop gourmands en essence alors que les prix à la pompe battent record sur record.

Mais GM devrait dépenser moins de liquidités les prochains trimestres, a assuré le directeur financier.

Depuis juin, GM a fermé quatre sites de production de gros modèles, réduit les équipes sur deux autres, augmenté la cadence sur deux autres sites dédiés aux modèles compacts, et s'est lancé dans le développement d'un plus grand nombre de nouveaux modèles compacts et économes en carburant, dont des hybrides et un projet de voiture électrique.

GM cherche aussi à dégager 15 milliards de liquidités d'ici 2009, dont dix milliards par des économies à l'interne et le reste en appel au marché et cessions.

Ces économies passent notamment «par des réductions d'effectifs, le report du paiement de certaines compensations, la suspension du dividende, la baisse des budgets marketing, et la revue stratégique de la marque de 4x4 Hummer», a rappelé la direction.


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