Tartines au beurre d'arachide pour le bonheur d'Eddy, l'ours blanc
Mots clés : Tartines au beurre d'arachide, zoo, ours blanc, Tourisme, Faune, Québec (province)
Animalier d'un jour au Parc aquarium de Québec

Et l'envers du décor, c'est exactement ce à quoi on a droit. Durant trois heures, on suit à un rythme soutenu et on assiste Jolyane, Jeanot et leurs collègues guides animaliers dans leur travail auprès des animaux. Il n'y a pas une minute à perdre parce que Tiguak, Eddy, Boris, Daïla et les autres pensionnaires ont faim.
Il est 9h, c'est l'heure du petit-déjeuner. Préparer les repas de ces mammifères marins n'est pas une mince affaire. Jolyane travaille au PAQ depuis maintenant cinq ans: «On connaît nos animaux, on sait ce qu'ils aiment, ce qu'ils n'aiment pas. On sait quoi leur donner pour leur faire plaisir tout en leur fournissant ce dont ils ont besoin en termes nutritifs», explique-t-elle.
Première étape: enfiler les gants de caoutchouc. La cuisine est nickel, elle ravirait le chef d'un restaurant de sushis! La nourriture, elle, ferait le bonheur des amateurs des produits de la mer: harengs, maquereaux, capelans, crevettes, etc. Tout est frais et en quantité industrielle.
Sur un tableau sont inscrits tous les renseignements nécessaires à la préparation des seaux de nourriture. On apprend qu'Eddy, l'ours blanc âgé de huit ans, raffole des tartines au beurre d'arachide crémeux, de la mélasse et de la salade. Pas étonnant qu'il pèse 400 kilos!
Seau en main, il faut se rendre à l'enclos des deux ours blancs. Pourquoi ne pas les appeler des ours polaires? «On ne retrouve pas les ours blancs aux deux pôles, mais seulement en Arctique», explique Jolyane, alors qu'elle ouvre l'abri d'Eddy et de Tiguak. D'ailleurs, leur poil n'est pas blanc mais translucide; c'est la lumière qui leur donne de la blancheur.
Le mâle et la femelle sont déjà réveillés. Ils ont certainement senti le fumet de la viande crue... Chacun dans sa cage, ils attendent et exécutent tous les mouvements commandés par les animaliers. Pincement au coeur. N'est-ce pas un peu cruel, le concept des animaux en captivité? «Pour avoir visité d'autres parcs animaliers, je peux vous dire que nos deux ours ont un des plus grands enclos que j'ai vus! Ils sont nés en captivité, ils ne connaissent pas autre chose», lance Jolyane.
On observe leurs moindres faits et gestes; un vétérinaire et deux techniciens travaillent à temps plein au PAQ. On demande à Eddy de «donner la patte». Il s'exécute et pose d'abord sa gigantesque patte gauche sur les barreaux, puis l'autre pour que l'équipe les examine. L'animalière d'un jour a les yeux ronds! C'est bon, aucune blessure. Récompense: boulette de viande crue et croquettes protéinées.
Vient ensuite un moment hors du commun pour l'animalière improvisée. Avec l'équipe, elle entre dans l'enclos afin de cacher la nourriture des «oursons» pendant que ceux-ci en sont absents. «En milieu sauvage, ils doivent chasser et utiliser leur odorat pour se nourrir. On recrée cette situation afin qu'ils ne perdent pas leurs réflexes et aussi pour les stimuler», souligne Jolyane tout en cachant une poignée de bouffe entre deux rochers.
Au tour des morses
Pas le temps de s'arrêter, les morses attendent aussi leur petit-déjeuner. Boris et Samka, deux morses du Pacifique âgés de trois ans, et Arnaliaq, cinq ans, rare morse de l'Atlantique, peuvent paraître repoussants au premier regard. Babyloniennes bêtes qui sortent de l'eau avec une agilité surprenante, l'oeil globuleux et la moustache proéminente, on dirait presque des extraterrestres. «La règle de sécurité à ne pas oublier, lance Jeanot, le plus expérimenté des animaliers, c'est de ne jamais se mettre entre l'eau et l'animal. Si quelque chose fait peur à l'animal, son premier réflexe sera de sauter à l'eau et, si tu te trouves sur son passage, ce sont ses 1600 kilos [à l'âge adulte] qui vont t'emporter.» Bien reçu.
Devant les estrades bondées de spectateurs, la journaliste s'interroge: que penser de l'exploitation des animaux sauvages? «On ne donne pas simplement un show, réplique Jeanot. On transmet des connaissances aux gens, on les sensibilise, on leur donne même un cours d'anatomie.»
«Ça nous permet aussi d'observer nos animaux», ajoute-t-il en demandant à Boris de se coucher sur le dos. Le sympathique morse s'exécute. Examen de santé complet: peau, nageoires, griffes, dents, etc. Même procédé pour les trois phoques gris, les trois phoques du Groenland et les quatre phoques communs qui attendent leur tour dans leur bassin.
Il y a deux ou trois ans, lors d'une présentation des ours blancs, on s'est ainsi aperçu, en faisant ouvrir la bouche à Eddy, qu'il s'était cassé une dent. Ça lui a valu un traitement de canal!
Retour à l'animation publique. Sur la passerelle au-dessus de l'enclos, le point de vue est unique et très impressionnant: vus d'en haut, les animaux ont l'air de vraies peluches. «Chaque animal a son caractère, son tempérament, ses sautes d'humeur, dit Jolyane. On ne forcera jamais un animal à faire ce qu'il ne veut pas faire. Quand ils sont moins réceptifs aux demandes, c'est aussi un signe pour nous qu'ils vont moins bien et on en tient compte.»
L'animalière d'un jour ressort de cette expérience tout à fait réjouie et avec le souvenir d'un bisou doucement déposé sur sa joue par Boris!
Le forfait «animalier d'un jour» est offert aux personnes âgées de 14 ans et plus, moyennant 250 $ plus taxes: une partie de ce montant est versée au Fonds de conservation des animaux. Le Parc Aquarium du Québec est ouvert toute l'année.
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Renseignements: www.sepaq.com/aquarium
Réseau québécois d'urgence pour les mammifères marins: www.marchaldauphins.com/news_re-seau_sept2005.htm;
Association des zoos et aquariums du Canada: www.caza.ca/fr/
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