
Photo: Agence France-Presse
Elle est comme ça. «Éternelle insatisfaite», soupire-t-elle au bout du fil. C'est sa nature, c'est même un peu beaucoup son bagage: on ne peut pas avoir lu Madame Bovary six fois, s'appeler Rose à cause de Bette Midler dans le film The Rose, soupeser infiniment le destin tragique de Janis Joplin et croire au bonheur absolu. Pourtant, elle va bien, Keren Rose. À ravir. Comment mal aller quand on s'est enfin trouvé un métier que l'on aime et où l'on obtient un succès qui dépasse les espoirs les plus fous (300 000 exemplaires disséminés de son album Keren Rose et un tube radio, La Liste, plébiscité à faire rosir les joues)? Comment bouder son plaisir quand tant de gens ont compati à votre mal de vivre et vous le disent haut et fort dans les concerts? Comment ne pas remercier le ciel quand on a retrouvé l'amoureux qui vous avait brisé le coeur (et qu'on l'a tout de même épousé), comment, comment donc, chère Rose, chère grande fleur triste?
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