Voyage au ventre de la terre
Mots clés : Histoires, Mois de l'archéologie, Archéo-Québec, Archéologie, Québec (province)
Le Mois de l'archéologie, trente et un jours de fouilles et de trouvailles

De 2000 à 2004, sous les bons soins du réseau Archéo-Québec, l'archéologie ne rayonnait au Québec que le jour du Seigneur. Mais depuis quatre ans, c'est au mois d'août en entier qu'on célèbre cette science, par les pluvieux lundis comme par les samedis caniculaires.
Sur la voie de l'archéologie, on voyage jusqu'à 12 000 ans dans le passé des terres québécoises, et cela permet autant de parcourir l'origine des transports maritimes d'ici que la révolution industrielle du début du XXe siècle. «On n'a pas une vieille archéologie comme en Grèce, où tu poses les yeux par terre et tu trouves des ruines, explique Annabelle Laliberté, vice-présidente du conseil d'administration d'Archéo-Québec. La nôtre est tout de même unique puisqu'elle se confond dans le paysage, mais il faut savoir la regarder pour pouvoir la comprendre.»
Pour la décortiquer, ils seront 40 professionnels provenant des disciplines liées à l'archéologie sur les divers sites, à remettre en place les morceaux du casse-tête, pièces dénichées ça et là, provenant tantôt d'un champ de maïs, à Saint-Anicet, en Montérégie, tantôt de latrines de la Terrasse Dufferin, à Québec. «Quand il tombe sur des poubelles, c'est le bonheur pour un archéologue!», raconte la paléontologue de profession. Chacun son métier!
Justement, les récentes fouilles sur la terrasse éventrée longeant le Château Frontenac ont permis aux fouilleurs de mettre la main sur un ensemble complet de vaisselle, pratiquement intact. «C'est une découverte extraordinaire, ça te renseigne sur l'époque, sur le mode de vie des gens, leur classe sociale, ce qu'ils ont apporté lorsqu'ils ont immigré ici et sur plein d'éléments de la vie quotidienne», poursuit-elle. Eh oui, même les ossements d'un simple poulet grillé sur un campement français peuvent révéler des trésors d'information sur les débuts de notre société!
Ménage au sous-sol
Qu'est-ce qu'il ne faudrait surtout pas rater pendant le Mois de l'archéologie? Avec 76 activités, difficile de choisir, même selon Annabelle Laliberté, qui s'occupe également des programmes éducatifs et culturels du Musée McCord. Elle finit toutefois par mettre le doigt sur un endroit à-ne-manquer-sous-aucun-prétexte-même-pas-un-mal-de-bloc-carabiné: les réserves des villes de Montréal et Québec.
À la fois entrepôt et archives de l'histoire de la municipalité, la réserve conserve jalousement tous les joyaux que le sol des chantiers de construction aura recraché, que ce soit sous la forme d'un vase de porcelaine cassé ou de 2 par 4 à peine grugés par l'oeuvre du temps.
Véritable bibliothèque du sous-sol, la réserve permet de voir ce que les villes ont encore dans le ventre, mais elle n'en révèle les entrailles qu'une fois l'an... au mois d'août.
Un autre site d'envergure à visiter est celui de Cartier-Roberval, à Cap-Rouge, dans la région de Québec. Quatre ans plus tôt, alors qu'un projet de belvédère allait bon train sur les berges de la municipalité, des pépines ont creusé à proximité les fondations d'une forteresse. Les travaux de construction ont cessé et les archéologues ont investi le chantier pour fouiller les vestiges de la résidence d'hiver du campement de la première colonie française en Amérique du Nord. «Quand tu visites l'endroit et que tu observes la vue, tu comprends pourquoi ils s'y sont établis! dit Mme Laliberté. C'était un mozus de beau spot pour voir les ennemis arriver!»
En effet, le fleuve lèche les rochers à quelques pas de là et le site offre une vue imprenable sur la ville de Saint-Nicolas et les allées et venues des embarcations. Les curieux pourront du coup en profiter pour longer le fleuve jusqu'à la marina de Cap-Rouge, en cassant la croûte en chemin.
Histoire de laisser des traces de leur présent, pour les prochaines générations d'archéologues.
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- Mois de l'archéologie www.moisdearcheo.com.
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