Opinion

Avenir incertain pour la «dame de fer» argentine

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Maria Hotes, Montréal

Édition du jeudi 31 juillet 2008

Mots clés : démission, Cristina Fernandez de Kirchner, Gouvernement, Argentine (Pays)

La «crise du campo» place la présidente de l'Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, dans une situation délicate, trop délicate. L'Argentine n'est pas reconnue pour sa stabilité politique, bien au contraire. Le duo des Kirchner -- son époux Néstor Kirchner présida le pays de 2003 à 2007 -- devra-t-il quitter le pouvoir plus tôt que prévu? Rien n'est moins incertain. En fait, rien n'est jamais certain lorsqu'il s'agit de politique argentine. Les surprises sont toujours de mise. Les Argentins vont-ils sortir dans la rue, comme ils l'avaient déjà fait en décembre 2001, pour exiger la démission de Cristina?

Tel qu'on l'évoquait dans Le Devoir la semaine dernière, il s'agit effectivement d'un «coup dur» pour Cristina Fernandez. Les articles parus dans La Nación et Clarin (les deux journaux principaux de l'Argentine) récemment vont d'ailleurs dans le même sens. La division au sein du Partido Justicialista (PJ), parti issu du péronisme, n'est pas sans soulever un lot de questions sur l'avenir du gouvernement. L'union qu'avait réussi à créer Néstor Kirchner était-elle trop faible? La dynastie du couple Kirchner, qui s'était pourtant très bien annoncée avec une étonnante popularité, serait-elle en train de s'effondrer? Déjà?

Néstor Kirchner était vu, aux yeux de plusieurs, comme un «sauveur», car il avait réussi (le mot est peut-être trop généreux), tant bien que mal, à apaiser la crise économique de 2001-02 où plusieurs citoyens de la classe moyenne avaient été privés d'accéder à leurs comptes bancaires et où les ambassades étrangères recevaient un nombre considérable de demandes d'immigration. Durant ladite crise, on entendait souvent des gens dire que la situation ne pourrait s'empirer. Le fond de l'abîme, en tout cas, n'était pas très loin.

Une fois le «climax» atteint, la situation ne pouvait que graduellement s'améliorer. Et «K» (l'un des surnoms qu'on lui a attribués sur la place publique) a au moins eu le mérite d'avoir réussi à sortir d'une situation d'impasse. La «générosité» de Kirchner aurait-elle nui au projet «kirchneriste»? L'arrivée de Cristina était-elle souhaitable?

Cristina: une «dame de fer»?

Cristina Fernandez de Kirchner a voulu rester ferme sur «la question du campo» concernant l'augmentation de la taxe sur l'exportation du soja. Compte tenu de la gravité du conflit, notamment à cause de l'inflation qu'une telle annonce avait occasionnée, Cristina s'est montrée assez ferme. Assez ferme, oui, mais ce ne fut pas assez. Le rejet du projet de loi, concernant la hausse de la taxe, au Sénat (à cause du vote du vice-président) a fait tomber l'un des projets clés du mandat de la présidente.

Depuis, quelques députés du PJ ont quitté le parti, arguant, pour la plupart à tout le moins, que leurs différends avec l'orientation officielle du parti les empêcheraient de continuer à exercer leur fonction adéquatement. Si la tendance se maintient et que Cristina ne réussit pas à maintenir une certaine unité au sein de son parti, l'avenir de son gouvernement sera en danger.

S'il faut tirer des leçons de la crise économique de 2001-02, c'est bien que le décompte pour le gouvernement des K. est commencé. À moins que la scène politique argentine continue de nous surprendre, comme elle l'a si souvent fait, Cristina aura de la difficulté à surmonter cette défaite politique. Assisterons-nous à la chute du couple K? C'est à suivre.


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