Victoria Abril au théâtre Maisonneuve - Trop flamenco
Mots clés : Montréal, Spectacle, flamenco, Victoria Abril, Musique, FrancoFolies de Montréal

Photo: Jacques Grenier
Peut-être était-ce voulu: ainsi attifée, ainsi recouverte, j'en négligeais de la regarder. Hélas, je ne pouvais pas tellement l'écouter non plus, noyée qu'elle était par les claquements de mains et le tapochage de pieds du couple de danseurs de flamenco. Problème de mixage? Volonté de mixage? Le fait est que, flamenco devant, flamenco prépondérant, on n'entendait rien d'autre: devenaient inintelligibles les textes des chansons à texte de Nougaro (Bidonville), Barbara (Mes hommes), Brassens (Quatre-vingt-quinze fois sur cent) et autres Ferré (Jolie môme), sabotant jusqu'à l'idée même de donner ces immortelles sur fond de flamenco. Sur Olala!, l'excellent deuxième disque d'Abril, le calibrage est à la française, la voix à l'avant-plan, le flamenco en soutien. C'est crucial: l'Espagnole a le français (délicieusement) hispanisant et la voix qui porte peu (malgré le joli timbre feutré): il s'agit de bien la distinguer de l'accompagnement.
C'était le contraire hier. À vrai dire, on ne distinguait pas grand-chose d'elle. À tous égards. Perdue dans le mixage, elle se dérobait souvent à la vue. À en croire que tout ce qui comptait, c'était le bel Hidalgo frappant furieusement sa petite plateforme, comme s'il avait marché dans une colonie de fourmis rouges et que les voraces insectes lui grignotaient les mollets. Moi, franchement, c'est sur mes nerfs qu'il tapait, alors que j'essayais d'apercevoir Victoria Abril, tapie dans l'ombre. Usurpation de spectacle? Non, c'est bien ça le pire: il piétinait avec l'aval de la belle.

