Coup de balai chez BCE

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François Desjardins
Édition du mardi 29 juillet 2008

Mots clés : technologie, emplois, BCE, Mise à pied, Économie, Canada (Pays)

2500 cadres perdront leur emploi

Deux semaines après l'entrée en fonction du nouveau président de BCE, George Cope, le personnel de Bell Canada a appris hier que 2500 cadres -- soit 15 % du total -- allaient perdre leur emploi, dans le cadre d'un effort visant à économiser 300 millions de dollars par année. Certains analystes ont estimé que cette somme sera principalement investie dans la technologie afin de livrer bataille aux concurrents.

Ce coup de balai survient au moment où BCE, la société mère de Bell, tente de mettre la dernière touche à une transaction de 52 milliards qui en fera la propriété d'un consortium de fonds d'investissement dirigé par Teachers, le fonds de pension des enseignants ontariens. L'entreprise s'attend à ce que la transaction soit finalisée en décembre.

M. Cope, qui a pris la relève de Michael Sabia, le 11 juillet, avec le désir de simplifier la structure de Bell et de recentrer l'entreprise sur le service à la clientèle, a indiqué que le geste a pour but d'augmenter l'efficacité et la rentabilité.

«Ça me paraît logique», a dit Chris Diceman, vice-président de l'agence de notation de crédit DBRS. «Il est clair que M. Cope voulait mettre en place des changements et que ça fait partie de ce qui était convenu entre Bell et les acheteurs. Les nouveaux propriétaires ont une nouvelle vision, et la recherche d'une plus grande efficacité fait partie des premières étapes.»

L'économie d'argent ainsi visée fait suite à une autre mesure importante. BCE a déjà annoncé qu'elle n'allait plus verser le dividende sur les actions ordinaires, pourtant très apprécié par ses actionnaires de longue date. De manière générale, BCE versait un dividende d'environ 300 millions par trimestre.

Il est encore impossible de déterminer la répartition géographique des licenciements parmi les cadres, a dit un porte-parole de Bell, Pierre Leclerc. Le siège social de l'entreprise se trouve à Montréal. Au total, Bell compte 44 000 employés. Selon l'indication des 15 % fournie par Bell, il y aurait donc 16 700 cadres.

«Il est toujours difficile de voir des collègues partir, mais ces changements sont absolument nécessaires», a dit M. Cope dans un communiqué. Les 2500 cadres forment environ 6 % de l'effectif total de l'entreprise. «La structure de direction simplifiée que nous instaurons nous rapprochera tous du client et permettra à l'entreprise de livrer concurrence plus efficacement», a-t-il ajouté.

Pas de syndiqués

BCE a indiqué que les «postes non cadres de première ligne», c'est-à-dire des employés syndiqués, par exemple, ne seront pas touchés par les mesures affectant les cadres. Critiquée par certains clients pour une apparente dégringolade du service, l'entreprise a affirmé qu'elle a «même ajouté des membres aux équipes qui assurent le contact direct avec les clients, conformément à son engagement à améliorer le service à la clientèle à tous les niveaux».

Depuis 2002, BCE a déployé tous les moyens pour revenir à sa mission fondamentale, c'est-à-dire les télécommunications en sol canadien. Dans le processus, elle a radié la valeur de certains investissements, licencié des milliers de personnes et vendu plusieurs parties de l'entreprise.

Malgré ces mesures, les marchés boursiers ne se sont jamais montrés impressionnés. Pendant des années, le cours de l'action de BCE, inscrit à la Bourse de Toronto et à New York, a piétiné autour de 30 $. L'an dernier, l'impatience des gros actionnaires par suite de la piètre performance de l'action a finalement eu raison de la direction de BCE, qui a accepté de mettre en branle un processus de vente.

Le jour même où il est entré en poste, M. Cope, qui s'est joint à BCE en 2005 après 20 ans passés chez Clearnet et Telus, a indiqué que la haute direction de Bell Canada serait désormais l'affaire de 12 personnes, et non de 17 comme c'était le cas jusque-là.

«Ça fait un bout de temps qu'on entend parler du "plan de 100 jours de M. Cope", et puisqu'ils veulent améliorer leur réseau et leurs services, ils doivent d'abord améliorer le flux de trésorerie», a dit Johanne Lemay, de la firme d'analyse Lemay-Yates Associés. «M. Cope est là depuis un bon bout de temps, mais, de toute évidence, il a constaté qu'il y a trop de dirigeants chez Bell.»

Dans la téléphonie résidentielle?

Même si BCE n'a pas précisé la répartition des licenciements, Mme Lemay croit qu'il y a de bonnes chances que ceux-ci surviennent en partie dans les activités de téléphonie résidentielle, où Bell essuie depuis deux ans une concurrence sanglante aux mains de câblodistributeurs comme Vidéotron et Rogers. «Quand on perd des centaines de milliers de lignes, on ne peut pas s'attendre à maintenir le même niveau de personnel», a-t-elle dit.

L'élimination d'un certain nombre de niveaux hiérarchiques permettra peut-être à Bell d'être un joueur plus flexible, a ajouté Mme Lemay, qui connaît bien l'entreprise pour avoir déjà exécuté des contrats de conseil auprès BCE.

DBRS a dit que l'annonce d'hier n'allait pas entraîner un changement de la cote de crédit de BCE et de Bell, mais que l'agence allait prendre en considération l'ensemble des changements opérés récemment, à la fois au chapitre des affaires et de la structure du capital, pour émettre une opinion.

À l'été 2007, Teachers, avec les fonds américains Providence et Madison Dearborn, a offert 42,75 $ pour chaque action de BCE en circulation, dans le but de fermer le capital de l'entreprise et d'en faire une société privée. Les acheteurs comptent payer en effectuant un emprunt d'environ 34 milliards et accrocheront cette dette au bilan de BCE. L'entreprise traîne déjà une dette de 17 milliards.

Cet endettement sur le dos de l'entreprise faisant l'objet de l'offre d'achat -- au moment où les marchés financiers traversent une crise du crédit -- a soulevé la colère chez certains investisseurs obligataires, selon lesquels leurs actifs subiraient une décote importante.

Les procédures judiciaires mises sur pied par les détenteurs d'obligations, qui estimaient avoir été lésés dans le processus de vente, se sont rendues jusqu'en Cour suprême, qui a donné raison à BCE.

BCE a indiqué, au début du mois de juillet, que les banques qui doivent faire le prêt aux acheteurs se sont engagées de manière définitive à financer la transaction, telle que définie à l'origine.

Hier, l'action de BCE a terminé la séance en hausse de 5 ¢, à 38,95 $.


Vos réactions


Quoi faire avec Bell, frais chargé en trop, frais imposé... - par Steph 30 (ducati@canada.com)
Le jeudi 28 août 2008 13:00

Sympatico...tico tico tac. - par Yvon Montoya
Le mardi 29 juillet 2008 13:00

Pourri et douteux... Cécilien Pelchat.....tahcl@axion.ca - par Cécilien Pelchat (tahcl@cite.net)
Le mardi 29 juillet 2008 10:00

Service pourri et suspect - par Etienne Caissy
Le mardi 29 juillet 2008 09:00

Il en reste encore au moins 50 % de trop - par André Chamberland
Le mardi 29 juillet 2008 07:00

Service pourri - par jacques noel
Le mardi 29 juillet 2008 07:00

Mother Bell - par Jean-Guy Dagenais
Le mardi 29 juillet 2008 06:00

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