Cet article démontre, du moins de mon point de vue, qu'un certain équilibre se forme toujours avec le temps en histoire. Il y a quelques années, au Québec, la période duplessiste était vue comme la grande noirceur. Cette vision s'estompe avec le temps. Après une certaine réhabilitation un peu enthousiaste de Duplessis, on en revient à un équilibre qui présente la Révolution tranquille comme une période majeure et les deux décennies précédentes comme une période dans laquelle le Québec bouge quand même, où les idées et la contestation circulent, pas si refermé sur lui-même en somme. Le même constat se dégage de la période médiévale en Europe. Longtemps vu comme un âge sombre et arriéré, le Moyen Âge fut réhabilité par de grands historiens. La thèse de la transmission de l'héritage antique par les savants arabes suit le même chemin. Il ne s'agit que d'un rééquilibrage des divers points de vue. L'Europe chrétienne doit probablement ses savoirs à la fois aux savants arabes et aux érudits médiévaux. Après tout, nous parlons d'une période temporelle qui s'étend sur environ 1000 ans, dans plusieurs entités géographiques et dont nous avons encore beaucoup à découvrir.
André Bilodeau