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Le conservatisme n'est pas seulement l'apanage des religieux, mais de certains scientifiques aussi...

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Sylvain Rondeau
Envoyé Le lundi 28 juillet 2008 08:00



Étant historien moi même, j'ai quelque peu suivi ce débat, comme d'autres du même genre au cours des dernières années. À mon avis, certains chercheurs, après aovir travaillé toute une vie à défendre une thèse ont tendance à la voir comme étant une "Vérité". Et pour plusieurs, ces vérités ne peuvent être remises en question. Pourquoi? Car ils refusent de voir un savoir traditionnel qui leur est cher remis en question. Ou encore, car ils ne peuvent croire qu'une thèse sur laquelle ils ont travaillé toute une vie soit erronée.

J'ai vu plusieurs chercheurs, frustrés et/ou inquiets face à une nouvelle approche historique, attaquer directement le messager et non le message afin de discréditer ce qu'ils voyaient comme un danger. Ou sinon, lancer des attaques superficielles contre une thèse mais sans examiner l'ensemble de cette dernière.

L'un des meilleurs exemples historiographiques récent est la thèse de l'historien amateur Gavin Menzies qui prétend que les Chinois auraient été la première grande civilisation à faire le tour du monde en 1421. Bien qu'ayant des doutes quant à certaines affirmations de l'auteur, je dois reconnaître que certains indices (traces génétiques, artefacts, indices ethnoculturels, etc) me font croire qu'il y a du bon là-dedans et que nous devrions pousser les recherches en la matière afin de voir où se filon pourait nous mener.

Hors, plusieurs historiens , surtout européens, ont attaqué vertement la thèse de Menzies, remettant en cause son ouvrage en faisant preuve d'ouverte condescendance car il n'était pas "l'un des leurs", mais sans doute aussi à cause qu'il remettrait en question une conception européanocentriste de notre histoire.

En ce qui me concerne, je préfère garder l'esprit ouvert. Ce que mes vieux maîtres m'ont appris de la science, peu importe laquelle, c'est qu'elle n'est que spéculation, déduction. Un scientifique sincère doit toujours s'attendre à ce qui soit un fait établi un jour puisse se voir remis en question le lendemain à la suite d'une nouvelle découverte. C'est là la beauté de toute science: une quête perpétuelle de connaissance qui fait évoluer, et non stagner, notre compréhension de ce que nous sommes et de notre place dans cet univers.

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