Gregory Charles aux FrancoFolies - Joue-moi une décennie
Mots clés : FrancoFolies, Gregory Charles, Musique, Festival et fête, Montréal
En cinq concerts, Gregory Charles survolera cinq époques de musique francophone

Le tour de force que consiste à résumer cinq décennies de musique québécoise et française en cent chansons et cinq soirs emballe visiblement le pianiste. Au bout du fil, il chante -- à trois reprise, dont un court extrait de Céline Dion -- il raconte avec passion les liens entre une foule de chansons éparses et fait remarquer des parallèles entre les différents pays, les différentes époques.
C'est que, en plus du piano et de la voix de Gregory, le public aura droit à un enrobage explicatif, à quelques «clés d'interprétation». «Je ne vois pas ça comme un cours d'histoire, précise-t-il. Je vois ça comme une mise en contexte. Analyser la musique, ça permet aussi d'analyser la société, l'industrie, et de voir un peu où on s'en va.»
La musique des années 50, par exemple, était envahie par les pièces en mode mineur. «Tu peux chercher et chercher pendant des heures avant de trouver une chanson en majeur, alors qu'aux États-Unis, ce sont les années au du rock and roll, de Buddy Holly, Elvis Presley, Richie Valens... Cette musique joyeuse, pas très profonde, va prendre jusqu'au milieu des années 60 pour nous rejoindre.»
Pour le mélomane, autant les années 1970 ont été une décennie incroyable pour Robert Charlebois, Claude Dubois et Jean-Pierre Ferland, autant les années 1980 ont été une décennie folle pour Michel Rivard, Diane Tell, Daniel Lavoie, Luc Plamondon, et ce, malgré une «instrumentation qui joue beaucoup dans notre jugement de cette époque musicale».
Quant aux années 1990, ce sont clairement celles qui causent le plus de difficultés à Gregory Charles. «On n'a pas de recul, c'est très proche, et c'est donc dur de faire un choix. C'est comme la musique de Bach, qui a disparu pendant 70 ans après sa mort. C'est Mendelssohn qui l'a fait revivre, mais, immédiatement après la mort de Bach, on n'était pas en mesure d'apprécier ce qu'il avait fait. De la même façon, c'est dur d'apprécier la pop des années 90. Mais ce sont tout de même des années riches pour les groupes, Vilains Pingouins, Zébulon, Les Colocs... »
L'époque musicale actuelle, qui ne fait pas partie de cette série de concerts, poserait un sérieux problème à Gregory Charles. «Notre industrie est tellement fractionnée qu'il est extrêmement difficile de faire des succès universels. Avec l'alignement qu'il y a entre les distributeurs, les vendeurs de disques, les producteurs et les postes de télé et de radio, il n'y a presque pas moyen d'aller chercher l'ensemble de la population.»
Selon un Gregory Charles étonnamment critique, ce morcellement de l'industrie francophone expliquerait le succès des chansons anglophones sur nos ondes. «Elles jouent à Rock détente, à Rythme FM, à CKOI et à Énergie. C'est ce qui explique des phénomènes comme Pascale Picard, ou même le succès de mes chansons en anglais.»
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Un piano, une voix, 100 chansons
Du 28 juillet au 1er août, À la Cinquième Salle de la Place des Arts
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Le Grand rendez-vous Loto-Québec
Samedi 2 août, sur la scène l'Espace Ford, 21h, gratuit
Vos réactions
merci pour ce show - par Christine Trottier (cricribonjour@yahoo.ca)
Le vendredi 15 août 2008 19:00

