Tensions ecclésiastiques entre l'Ukraine et la Russie

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AFP
Édition du lundi 28 juillet 2008

Mots clés : Alexis II, orthodoxes, Religion, Ukraine (pays), Russie (pays)

Alexis II, chef spirituel des orthodoxes russes

Photo: Agence Reuters

Kiev -- Le patriarche oecuménique Bartholomée Ier, chef spirituel des orthodoxes, et son homologue de Moscou et de toutes les Russies, Alexis II, ont célébré ensemble, hier à Kiev, une liturgie, sur fond de tensions ecclésiastiques entre la Russie et l'Ukraine.

À son arrivée sur le site, Alexis II a été acclamé par ses fidèles qui scandaient «Alexis, notre patriarche!».

Illustration de la discorde, un autre groupe, moins nombreux, de croyants, s'est mis à crier le nom de Bartholomée Ier, pendant que les deux dignitaires participaient en Ukraine aux célébrations du 1020e anniversaire de la christianisation de la Russie kiévienne.

Les deux patriarches ont célébré une liturgie devant un monument dédié à saint Vladimir, grand prince de Kiev (980-1015), qui imposa le christianisme de rite grec à la Russie kiévienne, principauté slave située sur le territoire de l'Ukraine actuelle et une partie de la Russie occidentale. Plusieurs dizaines de prêtres orthodoxes, vêtus d'une chasuble dorée, ont participé à la cérémonie solennelle, au-dessus du fleuve Dniepr, en présence de plusieurs milliers d'Ukrainiens, dont le président, Viktor Iouchtchenko.

M. Iouchtchenko a profité samedi des festivités pour demander au patriarche oecuménique de Constantinople de bénir la création en Ukraine d'une Église orthodoxe unie, indépendante du patriarcat de Moscou, qui considère que cette ex-république soviétique est sous sa juridiction.

«Je suis content que le patriarche ait soutenu l'aspiration de notre peuple à avoir sa propre Église, nationale et autonome», a-t-il assuré à l'issue de sa dernière rencontre avec Bartholomée, hier soir, lors d'un point de presse conjoint. Ce dernier s'est montré plus réservé. «Nous avons tout intérêt à [l'existence] d'une Église ukrainienne unie», s'est-il borné à dire, sans évoquer son éventuelle autonomie. Les orthodoxes, très majoritaires en Ukraine, sont divisés entre l'Église soumise au patriarcat de Moscou et deux confessions dissidentes: celle du patriarcat de Kiev comptant de nombreux fidèles et la petite Église autocéphale.


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