Vos réactions
ce qu'en pensait le plus grand journaliste français
"Ce qui frappe, dans cette polémique, c'est que les arguments ont glissé peu à peu hors du champs médical, scientifique et thérapeutique. L'épiscopat français a même senti le besoin de certifier que le SIDA n'était pas un châtiment de Dieu! Au lieu que l'examen du problème serve à élaborer une politique, ce sont les "clivages" politiques qui servent de critères à l'analyse du problème. Sous prétexte, par exemple, qu'un contrôle généralisé, au demeurant irréaliste et irréalisable, de la société tout entière risque d'attenter aux libertés individuelles, faut-il renoncer à toute forme de dépistage systématique? On aurait vu ça dans l'histoire d'aucune épidémie. Quelle valeur peuvent avoir, dans ces conditions, les statistiques rassurantes que nous invoquons?"
"Il paraît contradictoire de vouloir combattre une maladie tout en se fixant comme doctrine qu'il est immoral de chercher à en connaître l'étendue dans la population. Il n'y a pas, il ne devrait pas y avoir d'antagonisme entre l'aspect médical et l'aspect moral du combat contre le fléau. Les deux aspects sont indissolublement liés. Ils l'ont été de tout temps en médecine. Les démagogues de gauche, qui nient l'aspect médical au nom de l'aspect moral, sont aussi dangereux que les démagogues de droite, qui nient l'aspect moral au nom de l'aspect médical."
..."Comme l'expliqua le Pr Luc Montagnier dans sa communication, la diffusion du virus,aujourd'hui, comme celle des virus d'hier, se fait avant tout brassage de populations."
Revel, La connaissance inutile, P. 85-86-87
