Zimbabwe - L'UE durcit ses sanctions contre Harare
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L'accord signé lundi ne suffit pas à faire baisser la pression
Bruxelles -- L'Union européenne a jugé hier que la signature la veille d'un accord sur l'avenir du Zimbabwe entre le président Robert Mugabe et l'opposition n'était pas suffisante pour relâcher la pression et a renforcé comme prévu ses sanctions contre le régime.Pour la première fois, ils ont également ciblé quatre entreprises, dont les avoirs en Europe seront également gelés. Ces entreprises sont une coopérative agricole, dans laquelle la femme du président est impliquée, la branche éditoriale du parti du président de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), un holding financier de la Zanu-PF et les industries de défense, détenues par l'État. Le p.-d.g. de ces industries de défense, Tshingo Dube, est ajouté à la liste, tout comme le gouverneur de la Banque centrale, Gideon Gono.
Parmi les nouvelles personnalités sanctionnées se trouvent également Munyaradzi Huni et Caesar Zvayi, journalistes du quotidien gouvernemental The Herald «ayant incité à la campagne de terreur menée avant et pendant les élections».
Les 27 ont pris la décision de durcir les sanctions contre Harare malgré la signature lundi par Robert Mugabe et le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, d'un accord qui les engage à négocier un nouvel ordre politique au Zimbabwe, paralysé depuis un simulacre d'élection présidentielle à la fin de juin.
«Si on parle de réconciliation, cela prendra probablement dix étapes et l'étape numéro un est de commencer les discussions entre opposition et gouvernement», a justifié hier le ministre finlandais des Affaires étrangères, Alexander Stubb, à son arrivée à la réunion de Bruxelles. «Nous saluons cette avancée, mais nous sommes loin de ce que nous attendons et nous allons maintenir la pression», a-t-il continué.
Le Royaume-Uni, qui est le premier à réclamer le renforcement des sanctions, a espéré que cette nouvelle pression pousse à la démocratisation de son ancienne colonie.
Les 27 ont même menacé Harare de nouvelles sanctions après celles adoptées hier. «En l'absence d'évolution positive de la situation dans les toutes prochaines semaines vers un gouvernement de transition fondé sur les résultats des élections du 29 mars 2008, le conseil est disposé à prendre les mesures nécessaires additionnelles qu'il jugera appropriées», indiquent-ils dans leur déclaration adoptée hier.
Aux élections générales du 29 mars, l'opposition avait raflé la majorité au Parlement et M. Tsvangirai était arrivé en tête au premier tour de la présidentielle. Confronté aux violences, il avait renoncé à participer au second tour, néanmoins organisé avec M. Mugabe pour seul candidat.
MM. Mugabe et Tsvangirai ont signé lundi un protocole d'accord fixant un ordre du jour très large pour des pourparlers et un objectif de deux semaines pour trouver un accord sincère et durable sur un gouvernement élargi.

