Saint-Jérôme - L'ADQ condamne la hausse imposée du prix de l'essence
Mots clés : consommateurs, Régie de l'énergie, essence, Prix, Économie, Québec (province)
«La Régie de l'énergie ne travaille pas dans l'intérêt des consommateurs»
L'Action démocratique du Québec (ADQ) condamne la décision de la Régie de l'énergie, qui vient d'imposer l'ajout de 3 ¢ le litre d'essence aux détaillants de Saint-Jérôme.Le porte-parole de l'ADQ en matière d'énergie, Richard Merlini, a soutenu hier que cette décision empêchait maintenant une saine concurrence entre les détaillants. Il a fait valoir qu'il n'était pas du devoir de la Régie de l'énergie de s'ingérer dans la gestion quotidienne des détaillants, mais plutôt de s'assurer que les consommateurs paient un prix raisonnable.
«On se rend clairement compte que la Régie de l'énergie ne travaille pas dans l'intérêt des consommateurs», a commenté M. Merlini.
Dans sa décision rendue le 11 juillet, la Régie de l'énergie affirme qu'il y a un réel danger d'une diminution importante du nombre de détaillants indépendants à Saint-Jérôme et que cela peut, à long terme, aller à l'encontre des intérêts des consommateurs.
La Régie répond ainsi à la requête de l'Association québécoise des indépendants du pétrole (AQUIP) et de l'un ses membres, Intergaz. Selon les données colligées par l'Association, huit détaillants indépendants ont fermé leurs portes depuis 2000, dont cinq très peu de temps après l'arrivée du magasin à grande surface Costco.
Claude Pagé, de la pétrolière Intergaz, a soutenu que les détaillants indépendants n'arrivaient pas à dégager de profits. Il a jugé que, sans la décision de la Régie, la fermeture d'autres indépendants aurait été «inévitable». M. Pagé a fait valoir que les prix de l'essence au Québec demeuraient les moins chers en Amérique du Nord et au Canada et que cela était dû à l'apport des détaillants indépendants.
La porte-parole du CAA-Québec, Roxanne Héroux, a plutôt fait remarquer que les volumes de vente à Saint-Jérôme étaient supérieurs à la moyenne au Québec et que, par conséquent, les détaillants s'en sortaient plutôt bien. «La décision injustifiée de la Régie fait gonfler les prix à Saint-Jérôme pour les consommateurs. Et 30 mois, c'est long», a lancé Mme Héroux.
L'ajout de 3 ¢ le litre se fait sur le prix minimum estimé (PME), une mesure de la Régie qui évalue le prix que doit demander un détaillant pour couvrir ses dépenses. La Régie fait valoir que les prix de vente au détail de l'essence à Saint-Jérôme sont très près du PME et que cette situation existe depuis juin 2005.

