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La victoire de l'OTAN en Afghanistan est impossible

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Gabriel RACLE
Envoyé Le lundi 21 juillet 2008 09:00



Je trouve intéressant de mentionner quelques extraits d'une entrevue publiée ce jour même dans le journal français Le Monde , sous le titre ci-dessus, avec Gérard Chaliand spécialiste des « guerres irrégulières », qui passe plusieurs mois par an en Afghanistan, notamment pour le Center for Conflict and Peace Studies (CAPS), un centre d'études qu'il a contribué à mettre en place à Kaboul, avec des chercheurs afghans.
À la question suivante « Au vu des revers enregistrés en Afghanistan, Barack Obama et John McCain... sont d'accord pour faire de ce pays le centre de la « guerre contre le terrorisme » et y envoyer des renforts en 2009. Pensez-vous que huit ou dix mille soldats supplémentaires changeront la situation ? »
Réponse : « Non. La victoire est impossible en Afghanistan. Avec les renforts annoncés, il y aura environ 80 000 soldats de l'OTAN sur place. Cela ne permet pas de contrôler le terrain. Nous sommes dans une impasse militaire.... Aujourd'hui, il faut essayer de négocier. Il n'y a pas d'autre issue. Les talibans ne peuvent pas gagner la guerre contre l'OTAN, qui est tout aussi incapable de les éradiquer.
Hors de Kaboul et de quelques grandes villes, ce sont les talibans qui contrôlent les pouvoirs locaux, et non les soldats étrangers, le plus souvent barricadés dans leurs fortins. Dans le sud et l'est du pays, les talibans ont réussi, avec le soutien d'une grosse partie des populations locales, à instaurer une infrastructure politique, des hiérarchies parallèles qui sont le pouvoir réel. Or l'expérience montre que lorsque c'est l'adversaire qui l'exerce, la guerre est perdue. »
Le spécialiste explique ensuite comment on en est arrivé là, la corruption qui règne aux plus hauts niveaux, la faiblesse de la reconstruction, le sens stratégique des talibans, les faiblesses de l'armée et de la police afghane où règne la corruption, la multiplication des bavures militaires et autres facteurs négatifs.
Et à la question « Pourquoi l'OTAN reste-t-elle engagée en Afghanistan ? » Il répond : « Nous y restons parce que nous y sommes... L'OTAN est en Afghanistan parce que cela permet d'être présents à l'est et à l'ouest de l'Iran, et aux portes de l'Asie centrale. Ce qui est probable c'est que d'ici trois ou quatre ans, le prochain président des États-Unis se fatigue d'un conflit qui piétine. »

Voilà qui donne à réfléchir sur la présence des forces armées canadiennes dans ce pays et devrait susciter une réflexion approfondie de la part de notre gent politique. Mais hélas...

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