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Fannie et Freddie sur le Titanic.

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jean claude pomerleau
Envoyé Le lundi 21 juillet 2008 09:00



Fannie et Freddie sur le Titanic
Jean-Claude Pomerleau


Avec les malheurs de Fannie Freddie, sommes nous entré dans la Très Grande Dépression US en 2008 ?

Fanny Mae et Freddie Mac sont les deux plus importants prêteurs hypothécaires aux États-Unis. Ils furent créés sur une initiative du gouvernement américain pour prendre en charge le surplus de prêts hypothécaires consentis par les banques afin de libérer leurs capitaux pour qu'elles puissent...continuer à prêter et ainsi stimuler l'économie.

Dans un contexte de très bas taux d'intérêt et d'une règlementation accommodante (voulue par les « néocons »), les institutions financières américaines, peu regardantes pour la qualification des emprunteurs, ont « fabriqué » de la dette hypothécaire à plein régime ces dernières années, collectant les commissions au passage et refilant le risque devenu de plus en plus important (« subprime ») à .... Fannie et Freddie. Si bien que ces deux derniers détiennent maintenant un portefeuille hypothécaire totalisant 5200 milliards $. (1) Presque la moitié de tous les hypothèques desÉtats-Unis !

Avec la bulle immobilière qui se dégonfle (la valeur des maisons à déjà perdu 11% cette année), une partie de ces 5 200 milliards $ s'est déjà transformée en mauvaise créance, possiblement des centaines de milliards. Et la baisse prévue d'un autre 15% de la valeur des maisons pour l'année prochaine ne fera qu'empirer une situation qui est déjà au bord de la catastrophe pour ce « couple maudit ».

Pour renflouer leurs coffres et ainsi faire face aux pertes qui s'annoncent, ils ont tenté d'émettre des actions pour se recapitaliser. Comme leurs titres en bourse avaient déjà perdu 80% de leur valeur dans les derniers mois et que certains affirment que ces deux là sont au bord de la faillite, ils n'ont pas trouvé preneurs.

Sauf, en ce dimanche des miracles, juste avant l'ouverture du marchés lundi. Celui qui leur avait donné naissance a été forcé d'agir.

Pour le gouvernement américain, qui leur sert de garantie informelle depuis le début, la chute de Fannie et Freddie n'est pas une option, puisque leur portefeuille de prêts hypothécaires a été reconverti en obligations vendues à l'échelle de la planète. C'est la crédibilité des États-Unis qui est en jeu ! De plus il devenait impossible de tarir un pourvoyeur de prêts hypothécaire de cette importance sans plonger le marché immobilier dans le précipice.

Le gouvernement républicain a donc pris le contrôle et mis sous tutelle Fannie et Freddie et ainsi garantit de facto le risque sur presque la moitié des hypothèques émises au États-Unis ! Après avoir sauvé une banque d'affaire avec les fonds publics, voilà que M Bush le néocon « nationalise » une partie importante de l'économie américaine, s'est dire la gravité de la situation.

Fannie et Freddie sont sauvés pour le moment, mais à quel prix. En effet, avec la détérioration du marché immobilier qui se poursuit, les pertes potentielles pourraient éventuellement entrainer la décote du gouvernement américain ! Ce qui entrainerait la décote automatique de tous les autres niveaux de gouvernement. Et là le plancher cède.

Normalement la crise des institutions financières, qui ont perdu en moyenne 70% de leurs valeurs boursières jusqu'à maintenant, survient habituellement à la fin du cycle d'une récession, alors que celle des États-Unis, fabriquée par l'idéologie et la cupidité, ne fait que commencer !

Et si c'était plus qu'une récession, et si c'était La Très Grande Dépression US en 2008, telle que prévue par le Laboratoire Européen d'Anticipation Économique (Leap) depuis un bon moment déjà ! (2).

Et avec quelles conséquences pour le Québec ?

Il serait temps de s'intéresser à Fannie et Freddie sur le Titanic.

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