Fannie et Freddie
Mots clés : Ben Bernanke, Freddie Mac, Fannie Mae, Économie, États-Unis (pays)
Le secours apporté par le gouvernement américain aux géants hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac est le dernier épisode d'une crise qui perdure depuis maintenant plus de douze mois. Singularité de cet épisode? Fannie et Freddie ne s'alimentaient pas aux subprime ou hypothèques exotiques qui ont mis à mal tout le secteur bancaire.
Ces dernières -- en fait, il s'agit de Ben Bernanke, patron de la Réserve fédérale (FED), et de Harry Paulson, ministre du Trésor -- n'ont eu d'autre possibilité, quoi qu'on en pense, de venir à la rescousse des deux sociétés lorsqu'ils ont constaté, comme tout le monde, que la valeur boursière de celles-ci avaient fondu de 50 % en une semaine. La violence de la spéculation dont elles ont été l'objet a ceci d'outrageant que la base financière de F. et F. est... saine!
En effet, contrairement à Countrywide, Bear Stearns, Citigroup, Merrill Lynch ou IndyMac, qui vient d'être mis sous tutelle par le gouvernement, Fannie et Freddie n'étaient pas perclus de subprime. Ces sociétés n'étaient pas imbibées de véhicules financiers dont l'extrême complexité a pour but de faire payer les crédules pour le bien-être financier d'aigrefins aux portefeuilles remplis de stock-options. Certes, l'an dernier, elles avaient déclaré des pertes causées par l'usage indirect des subprime, mais pas dans les proportions des banques nommées.
En fait, dans la fragilisation du couple Fannie-Freddie, l'aspect le plus intéressant ou plutôt l'exposé le plus étonnant de ceux déclinés devant les membres du Congrès porte la signature du président de la SEC, Christopher Cox, le gendarme de la Bourse. Toujours est-il que ce dernier a pointé du doigt les acteurs de Wall Street qui mettent de l'huile sur le feu en jouant à la baisse les actions de certaines sociétés, dans l'espoir de les ramasser à vil prix.
Cox a notamment insisté sur l'opération de désinformation, pour reprendre ses mots, confectionnée afin d'affaiblir le couple en question ainsi que la banque Lehman Brothers. D'après son analyse, les défaillances boursières de ces sociétés sont en partie attribuables à une opération de sabotage effectuée par des cols blancs. On ne sera pas étonné d'apprendre que Cox a ordonné l'ouverture d'une enquête dans le but de traduire éventuellement les responsables devant les tribunaux.
Qui plus est, Cox ainsi d'ailleurs que Paulson et Bernanke ont confié aux élus qu'ils avaient l'intention de baliser, de mieux encadrer, certaines activités qui ont cours à Wall Street. Rétrospectivement, on comprend enfin que, entre la consommation de véhicules financiers abscons et les offensives strictement spéculatives qu'ont menées à la hussarde certains investisseurs, le monde de la finance est confronté à une situation qui pourrait empirer d'ici à la fin de l'année. Car...
Car le nombre des faillites personnelles, pour cause d'indigestion immobilière, est appelé à grossir, grossir, grossir d'ici à la fin de l'année. Et ce, pas seulement aux États-Unis mais également en Espagne, au Royaume-Uni et en Irlande. Soit trois États où la vente et la distribution de subprime avaient cours. À l'instar de ce qui a été observé au sud de la frontière, les ménages de ces pays se sont endettés à qui mieux mieux, parce qu'ils croyaient dur comme fer que la valeur de leur actif immobilier irait en croissant. Bref, ils ont cru aux balivernes avancées par une autre profession: celle des agents immobiliers.
Cela étant dit, il faut rappeler et souligner qu'entre les faillites des Savings and Loans, dans les années 80, de la Baring's dans les années 90, les milliards et les milliards radiés par Citigroup, Merrill Lynch, des banques allemandes et des établissements français, on constate un dénominateur commun: on a laissé faire n'importe quoi par n'importe qui. Et ce, parce qu'on a écouté les sirènes de ces fous furieux de l'ultralibéralisme qui voudraient que la culture de la privatisation s'étende à toute activité humaine, y compris, c'est pas des blagues, jusqu'à la consommation de l'air que l'on... respire.
Vos réactions
Les "fous furieux de l'ultralibéralisme", qu'ont-ils à dire eux sur la crise, M. le journaliste ? - par Mathieu Demers
Le lundi 21 juillet 2008 21:00
C'est pas de ma faute! - par Marc M. Davignon
Le lundi 21 juillet 2008 10:00
Fannie et Freddie sur le Titanic. - par jean claude pomerleau
Le lundi 21 juillet 2008 09:00
Pas très intelligent - par Serge Grenier (serge.grenier@gmail.com)
Le lundi 21 juillet 2008 08:00
Fannie et Freddie - par Marcel Ferland
Le lundi 21 juillet 2008 07:00
on a laissé écrire n'importe quoi par n'importe qui - par Serge Manzhos
Le lundi 21 juillet 2008 06:00
C'est le système monétaire fondé sur les prêts qui est à abattre - par Dominic Pageau
Le lundi 21 juillet 2008 03:00

