Déblocage en vue au Zimbabwe
Mots clés : Commission de l'Union africaine, ONU, Gouvernement, Zimbabwe (pays)
Les partis trouvent un accord de principe pour les négociations
Harare -- Une possibilité de déblocage politique au Zimbabwe a émergé hier, avec l'annonce, par un représentant de l'ONU, d'un «accord de principe» entre le pouvoir et l'opposition sur un cadre de négociation et «l'espoir», évoqué par la Commission de l'Union africaine, d'une signature dès aujourd'hui.Le Zimbabwe vit une paralysie politique depuis la réélection contestée fin juin de M. Mugabe, seul en lice à un second tour de scrutin qui s'est déroulé sur fond de violence. Le régime de M. Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans, et l'opposition, qui ne reconnaît pas sa réélection mais qui a raflé la majorité au Parlement, se sont dit prêts au dialogue, à certaines conditions.
«Nous sommes informés que les deux parties aux négociations se sont mises d'accord sur un document, mais les deux responsables, M. Mugabe et M. Tsvangirai, doivent le signer», a indiqué M. Menkerios.
«Cela n'a pas encore été signé, mais une fois que cela l'est [...], de vrais pourparlers peuvent commencer», a poursuivi M. Menkerios, qui s'était entretenu vendredi à Pretoria avec le médiateur sud-africain, Thabo Mbeki, et le chef de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, au sujet du Zimbabwe.
À Addis Abeba, un porte-parole de la Commission de l'UA, Elghassim Wane, a indiqué que Jean Ping avait «bon espoir» que le protocole d'accord soit signé aujourd'hui. M. Ping avait rencontré samedi, dans la capitale zimbabwéenne, M. Mugabe et M. Tsvangirai, chef du principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC). À Harare, une source gouvernementale a fait état de «mouvements sur les pourparlers attendus aujourd'hui ou demain au plus tard».
Mais M. Tsvangirai, cité dans la presse sud-africaine hier, a souligné qu'il y avait «des choses que nous avons demandées et qui manquent» dans le document.
Et un porte-parole du MDC, tempérant l'espoir de percée imminente, a réitéré que son parti attendait un retour du médiateur à propos des «aspects du protocole qui posaient problème».
Une faction minoritaire du MDC avait pour sa part souligné qu'elle ne voyait «pas de problème» concernant le document.
Celui-ci devrait définir le cadre -- un échéancier, un modus operandi, un ordre du jour -- des négociations entre le pouvoir et l'opposition sur l'avenir politique du pays. Les parties l'examinent depuis le début des contacts préliminaires, il y a 10 jours, à Pretoria.
Mais leurs positions de fond paraissent encore difficilement conciliables, entre un président Mugabe exigeant d'être reconnu par l'opposition, ce que celle-ci exclut, et un MDC demandant pour sa part l'arrêt des actes de violence et la libération de détenus politiques.
«Ce protocole aurait déjà dû être signé et le président [sud-africain] Thabo Mbeki sera sans doute là, car il a joué un grand rôle», a expliqué à Harare la source gouvernementale.
À Pretoria, pourtant, un porte-parole de M. Mbeki a assuré, hier encore, qu'il n'y avait «à [sa] connaissance aucun projet» de visite imminente à Harare du chef de l'État.
Le paysage au Zimbabwe a évolué ces derniers jours, avec l'admission samedi par le MDC qu'il se rapprochait de la signature du document-cadre «prêt à décoller», selon la formule d'un porte-parole.
Le crédit de cette avancée revient, selon le MDC, à «l'expansion» de l'effort de médiation survenu vendredi à Pretoria, où le médiateur Mbeki a proposé un «groupe de liaison» incluant UA et ONU pour «assister» sa médiation.

