Afghanistan - L'armée américaine admet avoir tué des civils lors d'un raid
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Robert Gates appelle à l'envoi de renforts le plus tôt possible
Huit civils afghans ont été tués mardi dans un raid aérien des forces sous commandement américain dans la province de Farah, dans l'ouest du pays, a reconnu leur état-major.«Une maison a été touchée, huit civils ont été tués et deux autres blessés», dit-elle, soulignant que «les forces de la coalition ne [visaient] jamais délibérément des non combattants et qu'elle regrettent tout les événements entraînant des victimes civiles du fait d'actes de guérilla».
Selon les autorités afghanes, le raid a coûté la vie à neuf membres d'une même famille.
Hier, quatre autres civils ont été tués dans un raid aérien mené dans la province voisine de Herat, selon la police locale. Des témoins font état de 17 blessés. L'opération visait des «objectifs taliban hautement prioritaires», a dit l'armée américaine, qui a signalé la mort de deux dirigeants de la milice islamiste et d'«un nombre significatif d'autres insurgés».
Les violences ont redoublé d'intensité en Afghanistan depuis près de deux ans malgré la présence de 70 000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'OTAN, l'autre sous commandement américain.
Des renforts ?
Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a appelé mercredi à l'envoi le plus tôt possible de forces armées supplémentaires en Afghanistan, alors que les militaires américains sur place réclament plus de 10 000 soldats en renfort.
Dans un rare consensus, les deux candidats à la Maison-Blanche, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain, sont favorables à l'envoi de nouvelles troupes en Afghanistan.
Les experts restent toutefois sceptiques quant à l'efficacité de cette recette en Afghanistan, en proie à une hausse de la violence malgré la nette hausse du nombre de soldats de l'OTAN depuis 2007, à 53 000 soldats contre 38 000, auxquels s'ajoutent 18 000 hommes sous commandement américain.
La pertinence de renforts en Afghanistan est une question ouverte et cette stratégie «n'est pas plus promise au succès qu'elle ne l'était en Irak», estime Michael O'Hanlon, expert en défense à la Brookings Institute.
Par ailleurs, la sécurisation de la frontière afghano-pakistanaise, principal refuge des talibans et d'al-Qaïda et en proie à une recrudescence d'attaques, demande plus qu'un renforcement militaire.
«C'est une frontière de 2400 kilomètres de long, je ne suis pas certain que trois brigades suffisent à la sécuriser», affirme Sam Brannen, du Centre d'études stratégiques internationales (CSIS). «De plus, cette question nécessite de régler des problèmes politiques avec le Pakistan qui dépassent le cadre de la mission en Afghanistan», souligne-t-il, alors que Washington reproche à Islamabad de fermer les yeux sur les repaires des insurgés dans ses zones tribales.
Enfin, gonfler le nombre de soldats étrangers dans un pays fort d'une longue tradition de résistance pourrait contribuer à alimenter l'insurrection, prévient l'expert.
«L'histoire nous montre qu'une large présence militaire en Afghanistan a provoqué un retournement rapide de la population locale» contre l'occupant, rappelle Sam Brannen, en référence aux fiascos connus par les Britanniques au XIXe siècle, puis par les Soviétiques, dans les années 1980.

