L'OTAN se dit préoccupée par la situation dans la région - La Géorgie accroît ses effectifs et son budget militaires

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Reuters
Édition du mercredi 16 juillet 2008

Mots clés : budget militaire, recrutement, OTAN, Forces armées, Georgie (pays)

Photo: Agence Reuters

Tbilissi -- Le Parlement géorgien a approuvé hier une revalorisation de 26,8 % de son budget militaire et le recrutement de 5000 hommes dans le cadre du renforcement des effectifs de l'armée, dans un contexte de tensions croissantes avec la Russie.

La Géorgie, candidate à l'adhésion à l'OTAN, avait prévu de longue date de renforcer son armée. Ses effectifs devraient passer à 37 000 hommes, alors qu'ils avaient déjà été portés de 20 000 à 32 000 soldats l'année dernière.

Cette annonce intervient toutefois alors que le ton monte entre Tbilissi et la Russie autour des provinces sécessionnistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, soutenues par Moscou.

L'armée russe a déclaré la semaine dernière que des appareils avaient délibérément pénétré dans l'espace aérien géorgien pour dissuader Tbilissi de lancer une opération contre les séparatistes.

«Comme nous le constatons, la Russie est passée récemment des mots aux actes [...]. Aussi sommes-nous obligés de répondre à ces défis et d'être prêts à parer à toute éventualité», a expliqué hier le vice-président de la Commission parlementaire de la défense et de la sécurité, Nika Rouroua.

Il a précisé que l'augmentation du budget de la défense avait été demandée par le président géorgien, Mikhaïl Saakachvili. Rouroua a affirmé que les fonds supplémentaires seraient consacrés à l'acquisition de missiles et à l'entraînement des soldats.

Hier, plusieurs centaines de soldats américains ont en outre participé à un exercice militaire avec l'armée géorgienne. Cette session était prévue avant que le ton ne se durcisse entre Tbilissi et Moscou et n'a pas de lien avec la montée des tensions, ont précisé des responsables.

L'annonce par la Russie de l'intrusion de plusieurs de ses avions dans l'espace aérien géorgien -- une première depuis dix ans -- a été jugée comme une agression par Tbilissi, qui a aussitôt rappelé son ambassadeur à Moscou.

Hier, l'OTAN s'est déclarée préoccupée et a estimé que ces survols remettaient en question le rôle de Moscou en tant que gardien de la paix dans la région et de médiateur entre les autorités géorgiennes et les séparatistes. Cette année, Moscou a noué des relations «semi-officielles» avec les sécessionnistes et a renforcé le contingent de maintien de la paix présent en Abkhazie depuis la fin des années 1990.


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