Démission du premier ministre belge
Mots clés : roi, démission, Yves Leterme, Gouvernement, Belgique (Pays)
Bruxelles -- Le premier ministre belge Yves Leterme a proposé hier soir la démission de son gouvernement au roi Albert II, qui a réservé sa réponse, jetant l'éponge après l'échec d'une tentative destinée à arracher un accord sur une réforme donnant plus d'autonomie à la Flandre.
M. Leterme, 48 ans, a échoué hier dans sa tentative d'arracher un accord entre les deux communautés belges sur une grande réforme de l'État dans le délai qu'il s'était imparti lors de son entrée en fonction fin mars, à savoir ce 15 juillet.
«Il s'avère que les visions opposées entre les communautés concernant le nécessaire nouvel équilibre à créer dans notre construction étatique sont aujourd'hui inconciliables», a-t-il constaté dans un communiqué.
Pourtant, juge-t-il, «une réforme de l'État reste un élément essentiel d'un accord de gouvernement», preuve qu'avec ou sans lui, la question «communautaire» va continuer à se poser en Belgique.
Yves Leterme avait espéré jusque dans la soirée pouvoir convaincre les cinq partis de sa coalition d'accepter le report à l'automne de cette négociation, qui aurait été élargie à des représentants des régions, Wallonie, Flandre et Bruxelles.
Si l'idée avait été plutôt bien accueillie côté francophone, elle avait beaucoup moins séduit les partis flamands, qui relevaient surtout que la réforme promise à leurs électeurs était une fois de plus reportée.
Les plus réticents se trouvaient au sein même de la formation d'Yves Leterme, le CDV, et de son allié électoral, le petit parti nationaliste flamand NVA, deux formations qui réclament une forte autonomie pour la Flandre, notamment sur le plan fiscal, que refusent les francophones en l'état.
Seuls les responsables francophones ont d'ailleurs regretté la démission d'Yves Leterme, souvent pour la qualifier de prématurée. Le parti socialiste francophone a, lui, dit «regretter que le premier ministre ait cru devoir remettre sa démission à un moment où [...] la poursuite des négociations institutionnelles pouvait se réaliser dans un contexte constructif et positif».

