Michel Bissonnet retourne à la politique municipale
Mots clés : Michel Bissonnet, Saint-Léonard, mairie, Municipalité, Québec (province)
Le président de l'Assemblée nationale se présentera à la mairie de Saint-Léonard pour l'équipe de Gérald Tremblay

Photo: Jacques Nadeau
Il se présentera sous la bannière d'Union Montréal, le parti du maire de Montréal, Gérald Tremblay, qui n'a pas caché sa satisfaction d'avoir réussi à recruter un candidat de cette envergure lors de l'annonce, hier matin, à Saint-Léonard.
M. Bissonnet, qui est âgé de 66 ans, a cependant indiqué qu'il demeurera député de Jeanne-Mance-Viger afin de mener à terme certains dossiers dans le comté. Cependant, s'il est élu lors de l'élection complémentaire du 21 septembre prochain, il devra laisser son siège à l'Assemblée nationale puisqu'il n'est pas permis de détenir un double mandat.
De plus, son élection éventuelle entraînera un autre déplacement au sein même de sa famille: son épouse, Yvette Bissonnet, conseillère municipale à Saint-Léonard, occupe le poste de mairesse par intérim depuis le départ de M. Zampino.
Michel Bissonnet a dit vouloir se rapprocher de ses concitoyens de Saint-Léonard. Il s'est présenté comme le candidat de la continuité, voulant prendre le relais là où son prédécesseur l'a laissé. Il a fait part de son intention de poursuivre certains projets en cours, notamment la revitalisation de la rue Jean-Talon et de la Place Viau.
Élu pour la première fois en 1981, M. Bissonnet a siégé sans interruption depuis ce temps, ayant été réélu à sept reprises. Depuis 2003, il occupe le poste de président de l'Assemblée nationale. Fait à noter, en 1998, alors que le Parti québécois était au pouvoir, il avait été élu troisième vice-président de l'Assemblée nationale, devenant le premier vice-président à être issu de l'opposition officielle, une tradition qui s'est maintenue depuis.
Selon les informations recueillies par Le Devoir, Michel Bissonnet trouvait éprouvant de présider l'Assemblée nationale dans un contexte de gouvernement minoritaire depuis 2007. Des tensions sont survenues avec des membres de sa propre famille politique qui n'ont pas toujours apprécié ses décisions. À mots couverts, certains libéraux ont reproché au président de trop favoriser les partis d'opposition, qui détiennent tout près des deux tiers des sièges à l'Assemblée nationale.
L'automne dernier, Michel Bissonnet a dû demander à une dizaine de reprises à Jean Charest de retirer le vocable «girouette nationale» que le premier ministre avait employé pour désigner le chef de l'opposition, Mario Dumont. Le président avait décidé sur le champ d'ajouter le mot «girouette» au lexique des termes jugés «antiparlementaires» et «blessants» qui n'ont pas leur place à l'Assemblée nationale. Le premier ministre, qui s'est étonné que ce mot soit frappé d'interdit, avait retiré ses propos de mauvaise grâce.
N'empêche qu'hier les libéraux ont salué le travail de M. Bissonnet. Le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, a fait valoir que Michel Bissonnet avait réussi à conserver le respect et la confiance de tous les députés comme président de la législature.
Pour sa part, la chef péquiste, Pauline Marois, a qualifié le député libéral d'homme juste, équitable, rigoureux et exigeant. Elle a souligné que celui-ci avait réussi à adapter son travail pour assurer le bon fonctionnement de l'Assemblée malgré l'élection d'un gouvernement minoritaire.
Le chef adéquiste, Mario Dumont, a aussi rendu hommage au député de Jeanne-Mance-Viger. Il n'a toutefois pu s'empêcher de voir, dans ce départ, une certaine démobilisation dans l'équipe de Jean Charest, notant qu'il s'agissait du troisième député libéral à quitter ses fonctions en quelques mois, après Roch Cholette et Philippe Couillard.
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Avec Le Devoir

