Vos réactions

@ Lorraine Dubé.

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Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Envoyé Le lundi 14 juillet 2008 08:00





Merci pour votre rectification et surtout merci pour votre belle qualité sensible et intelligente au dialogue. Vous savez que le champ philosophique a commencé depuis Platon à remettre en question la Doxa, i.e. les préjugés. Même si notre monde démocratique préfère désormais la sophistique, il n'en reste pas moins que plus on s'éloigne des préjugés mieux on comprend ce qui est. En vous taquinant, je vous dirai que vous n'avez pas encore voyagé beaucoup puisque vous n'êtes pas allée en Terre de France. Il le faut surtout en prenant dans vos valises non un dictionnaire mais une palette d'auteurs français dont vous entendrez encore la langue de par les rues, les villages et les villes, voire les vignes. Il y a des auteurs comme Huysmans grâce auquel on comprend mieux le mouvement de la langue française actuelle, Maurice Chevalier comme l'argot nourri de mots de la planète entière, oui malgré tout, venus des anciennes colonies. Il vous faut savoir que c'est dans le milieu de Juppé (celui de la droite française) que la langue se tord, souffre, s'anémie de toutes les façons. Le snobisme est de droite historiquement. La langue pointue, efféminée, dite gracieuse à la Claudel, c'est à droite. Rimbaud fut un de ceux qui chavirèrent tout ça dans l'album zutique et Prévert n'est pas en reste. On ne sauve pas une langue avec des principes, surtout pas, ce n'est dans la confrontation sincère et accueillante avec la vie des vivants qu'une langue grandit.
Quant au Québec, j'ai rencontré un peuple superbe dont on se moque encore éperdument. Ce qui me frappe c'est la désinvolture criminelle dont les politiques du PQ ou libéral (idem) ont pensé le peuple québécois dans le champ de l'éducation.
Un exemple, celui de M Lafond :
« Message de la France:

Selon une étude exhaustive, étalée sur plusieurs années (voir même quelques décennies) sur la qualité et la clarté d'expression des individus des différentes régions du globe dans la francophonie, il a été démontré par l'association linguistique national de France à Paris, avec satellites à Lion et Nice, que le français de France, parlé par la très grande majorité des individus sur le territoire français, tend en général, bien que pas nécessairement en particulier, à être beaucoup plus explicite, plus précis, plus élaboré dans ses propos que le français parlé sur le territoire du Québec, par la majorité des québécois...

Message du Québec:

Va don chier sti ... »

Voilà une réaction dramatique et un mépris pour un peuple merveilleux dont on refuse encore de nos jours la possibilité à accéder à une langue maîtrisée et forte qui permettrait politiquement de mieux penser et choisir son avenir. Au Québec, sitôt vous présentez une certaine propension à être libre, qu'on vous interdit l'émancipation de l'expression. On ne le voit que si vous êtes intéressé à la politique, à la culture, à un certain sens de la liberté. Vous le voyez très bien dans les commentaires du Devoir. Il faut vous taire si vous n'êtes pas dans le rang. Il n'y a pas d'esprit libre, juste des réactions de personnes prisonnières de leur aliénation. Ils ne commentent pas, ils attendent pour sauter sur vous et vous salir avec des mensonges vulgaires. De ça, le peuple québécois souffre. Depuis toujours, dirais-je. Vous comprendrez ma colère dans ce site lorsque vous lisez de telles castrations. Le peuple québécois est fort, sensible, riche d'une expérience existentielle incomparable et on ne lui donne pas la chance de posséder les mots, ceux dont on a le droit en vérité, pour exprimer ce tout. Lisez M. Gerry Pagé il y a peu de français pour écrire avec tant d'intelligence et de force. Soyez fière d'être québécoise tout vous remerciant encore.


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