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l'anglomanie en 1802
À l'inverse, durant le règne du Roi-Soleil, il était de bon ton dans les principales capitales européennes - et jusqu'à Moscou où de célèbres auteurs se plaignaient de cette détestable manie - de tenir des bouts de conversation en français ou d'émailler ses phrases de mots issus de cette langue dont le rayonnement était alors "universel.
Jusque vers le début des années soixante, bien qu'ayant déjà amorcé un certain recul, le français était considéré comme la langue par excellence de la diplomatie. Aux Jeux olympiques, où elle avait et a toujours satut de langue officielle, elle semble avoir perdu sa place prépondérante pour n'être plus qu'une langue protocolaire mineure. Elle a été reléguée au second plan par les instances décisionnelles, ce ramassis de précieuses ridicules qui-ne-veulent-pas-faire-de-la-politique-avec-le-sport, mais simplement beaucoup-beaucoup-beaucoup d'argent. Ce sont des zélotes du tout à l'anglais qui était déjà une des deux langues officielles du CIO. Joseph Quesnel s'amuserait sans doute beaucoup à écrire une pièce sur eux.
Que ce soit en Afrique, en Asie, eu Europe ou en Amérique, partout la langue française recule. Une lingua franca anémique et débilitante d'origine anglo-saxonne (au secours, Shakespeare!) est en train de naître sous les coups de boutoir de plus en plus violents assénés aux autres langues dans tous les médias écrits ou électroniques - y compris sur le web que d'aucuns osent encore appeler la toile - par les agences vedettes issues des univers complémentaires de la pub et du marketing (voir le Petit Robert pour les mots adoptés récemment).
Quant aux jeunes internautes... non mé c koi leu a fer? - lol
On n'est pas en train d'enrichir une langue en empruntant à une autre certains de ses trésors, certaines de ses trouvailles, dans un jeu d'émulation, d'admiration et même, souvent, d'envie non dépourvue de préciosité, voire de snobisme, mais qui constituent en fin de compte un apport d'oxygène à un vocabulaire en danger imminent de sclérose faute de savoir s'ouvrir aux influences extérieures; malheursement, on assiste plutôt au trise spectacle d'un abâtardissement tous azimuts sans logique et sans but jusqu'à l'ultime nécrose des tissus encore sains annonciateurs d'un imminent repos éternel dans le cimetière des langues mortes.
Écoutez les émissions jeunesses offertes à la télé française de chez nous (je déteste le mot francophone utlilisé à toutes les sauces par tous ceux qui n'osent plus dire qui ils sont). Vous verrez à quel point, notre langue, on la massacre, notre vocabulaire, on l'émacie! Honte aux diffuseurs, aux producteurs, aux réalisateurs, aux acteurs, et bien entendu, aux auteurs qui se prêtent à ce petit jeu infâme.
