Un marché public pousse dans le Centre-Sud
Mots clés : Fruits et légumes, Centre-Sud, marché public, Alimentation, Montréal
L'arrondissement n'était pas gâté en fruits et légumes frais

Photo: Pedro Ruiz
Depuis le 31 mai, chaque samedi, les neuf tentes installées dans un stationnement privé accueillent les étals des producteurs agricoles et des vendeurs de produits fins, dont une pâtisserie et une poissonnerie. La réponse a été immédiate, soutient M. Dupupet, qui dit que le marché a déjà sa clientèle d'habitués.
«On s'inscrit totalement dans les mesures prescrites par la Direction de santé publique, qui encourage l'implantation de marchés publics pour augmenter la consommation de fruits et de légumes, ce qui a toute une incidence sur la santé des gens de façon générale», explique M. Dupupet. Mais l'équation n'est pas si simple dans la réalité. Ce n'est pas parce qu'on implante un marché public dans un secteur que les gens, qui n'ont pas l'habitude de consommer des fruits et des légumes, se rueront sur les étals. La population défavorisée de ce quartier, qu'on voudrait tant convaincre, ne se laisse pas séduire si aisément. M. Dupupet le reconnaît d'emblée. Il le constate aussi sur le terrain. «Par contre, on vient satisfaire une clientèle avertie, majoritairement des femmes de 25 à 45 ans qui, de plus en plus, magasinent dans les marchés», dit-il. Cette clientèle avertie, plus instruite et soucieuse d'encourager l'agriculture locale, représente environ 75 % des citoyens qui fréquentent le marché, avance-t-il.
Projet communautaire
C'est dans la foulée de l'étude de la DSPM qu'a germé l'idée d'implanter un marché public dans ce secteur mal pourvu en commerces d'alimentation. Imaginé par la Table de concertation et d'intervention pour une garantie alimentaire locale (CIGAL), le projet s'est concrétisé avec l'aide de la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Centre-Sud-Plateau Mont-Royal, de l'arrondissement de Ville-Marie et de la DSPM.
Indépendant de la Corporation des marchés publics, qui regroupe les grands marchés comme celui d'Atwater et de Jean-Talon, le marché Frontenac rêve de grandeur, mais avec réalisme. «On essaie actuellement d'augmenter le volume de clientèle pour, du même coup, augmenter le volume de producteurs et diversifier au maximum l'offre du marché», indique M. Dupupet.
Le coordonnateur du projet souhaiterait aussi que le marché puisse ouvrir le dimanche, mais pour l'instant les modestes moyens dont il dispose ne permettent pas d'étendre les heures d'ouverture. De toute façon, les producteurs maraîchers peuvent difficilement quitter leurs champs plusieurs jours par semaine, ajoute-t-il.
Les prix sont-ils compétitifs? «Ça dépend du point de vue. Pour les gens qui n'ont pas l'habitude d'acheter des fruits et légumes ou qui courent les spéciaux dans les grandes surfaces, ça peut paraître cher même si ça ne l'est pas, indique M. Dupupet. Par contre, la clientèle avertie trouve les prix corrects, comparables à ceux des fruiteries ou du marché Jean-Talon.»
Ouvert de 10h à 15h le samedi, jusqu'au 11 octobre, le marché Frontenac propose chaque semaine des activités d'animation liées au thème de l'agroalimentaire. Samedi prochain, les clients pourront assister à un défi culinaire opposant soeur Angèle et le chef cuisinier François Xavier Déhedin.
Vos réactions
Vous avez bien raison - par Carl Dubuc
Le jeudi 10 juillet 2008 10:00
À Carl Dubuc - Pierre Labelle - par Pierre Labelle
Le mercredi 09 juillet 2008 14:00
Marché public - par mireille langevin
Le mercredi 09 juillet 2008 10:00
Quelle belle nouvelle! - par Carl Dubuc
Le mercredi 09 juillet 2008 10:00

