Les convoitises pour l'Arctique sont aiguisées par les prix record du brut
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Madrid -- L'envolée du pétrole aiguise les convoitises pour le pétrole de l'Arctique, mais son exploration se heurte à des préoccupations écologiques ainsi qu'à une impasse diplomatique, ont affirmé des experts présents au XIXe Congrès mondial du pétrole, qui se tient d'aujourd'hui jusqu'à jeudi à Madrid.
«Il y a abondance de pétrole sous le pôle Nord», a affirmé le géologue Donald Gautier, du US Geological Survey, qui dépend des autorités américaines, lors du Congrès mondial du pétrole. Selon ses estimations, l'Arctique recèle 100 milliards de barils de pétrole.
Extraire le pétrole du milieu hostile qu'est l'Arctique représente un défi technique sans précédent. Mais l'obstacle le plus grand est ailleurs, selon M. Gautier: il est difficile d'obtenir des permis de forage dans cette région quasi vierge et très disputée.
«D'un côté, il faut des technologies, mais le vrai problème est d'accéder aux plates-formes continentales» de l'Arctique, affirme M. Gautier.
Les cinq pays qui bordent l'océan Arctique -- Canada, Danemark, Norvège, Russie et États-Unis -- se disputent la souveraineté de ses eaux. Ces revendications se font plus véhémentes, au fur et à mesure que l'intérêt pour les ressources de la région s'accentue.
L'an dernier, le Canada avait annoncé qu'il allait construire huit navires patrouilleurs pour réaffirmer sa souveraineté sur le nord du pays.
«S'agissant de défendre sa souveraineté dans l'Arctique, le Canada a le choix: laisser faire ou agir. Que ce soit clair, ce gouvernement défendra» ses droits, avait alors affirmé le premier ministre canadien, Stephen Harper.
Peu après, des explorateurs russes ont placé un drapeau russe en titane inoxydable au fond de l'eau sous le pôle Nord, un geste interprété comme le signe que Moscou pourrait avoir d'autres revendications sur l'Arctique.
Actuellement, le pôle Nord n'est pas considéré comme la propriété d'un État en particulier et il est donc administré par l'Autorité internationale des fonds marins.
Les craintes pour l'environnement freinent également l'exploration pétrolière dans les régions telles que l'Arctique, où les technologies rendent possibles des projets pétroliers, a expliqué David Boone, le président du producteur gazier et pétrolier Escavar Energy. «Bien que les technologies du futur ouvrent de nouvelles régions, les craintes écologiques peuvent aussi vite en fermer l'accès», a-t-il ajouté.
Le danger d'un déversement de pétrole dans un environnement aussi sensible et le risque de perturber des écosystèmes fragiles sont les deux grandes craintes.
Avec les prix record du pétrole, qui a dépassé jeudi pour la première fois les 146 $, l'accès à l'Arctique ne devrait plus être un problème d'argent: industriels et analystes estiment que les entreprises auront les moyens financiers requis pour partir à la conquête de nouveaux territoires.
«Nul ne peut aujourd'hui prétendre sans plaisanter que, avec un baril à 140 $, l'industrie pétrolière n'a pas l'argent pour investir», a ainsi déclaré Robert Skinner, vice-président chargé du développement chez le norvégien StatoilHydro.
Au début du mois, le britannique BP, l'américain ConocoPhillips et MGM Energy Corp ont obtenu du gouvernement canadien des droits d'exploration pour trois blocs de l'Arctique, sous forme de bail.

