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Optimisme discutable

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Jean Pierre Bouchard
Envoyé Le samedi 05 juillet 2008 19:00



Notre survie est produit du pouvoir de l'église mais aussi plus positivement de notre souvenance d'avoir maîtrisé une partie importante du continent avant la conquête tout comme du fait que de s'assimiler aurait consister à donner raison au colonisateur britannique.

La France n'a donc rien fait avant De Gaulle pour les anciens Canadiens de la Nouvelle France. Rien moins que rien, un verdict qu'aucun historien ne peut contester. Et là maintenant Sarkozy qui est président et non pas Fillon ne s'intéresse qu'à un atlantisme nord américain anglo saxon. Avec la réinsertion de la France dans le commandement de l'Otan, Sarkozy défait tout l'héritage du général De Gaulle.

Mais Sarkozy n'est pas qu'un politicien en réaction sans trop d'intelligence, il témoigne à sa façon d'une certaine France relativement dominante qui n'a jamais vraiment cru à la francophonie comme force si ce n'est pour assurer à travers celle ci la première position à la France.

Historiquement et même aujourd'hui encore. La France par sa culture étroitement républicaine nourrie par la mythologie révolutionnaire a joué la carte des valeurs universelles en compétitionnant avec les États-Unis pour le titre de premier pays porteur du flambeau de la liberté. Dans tout cela jusqu'en 1964, le Québec a compté zéro pour la France. La nouvelle "porte d'entrée pour l'Amérique" était déjà pourtant là bien avant les années soixante. L'entente cordiale entre la France et l'Angleterre au 20ème siècle pour le nouveau partage des colonies s'est aussi fait au détriment du Canada français d'alors.

La fraternité de M.Fillon est probable bien relative à notre endroit. Si la France protège par devers Sarkozy et ses lubies son marché au Québec de produits culturels consistant en livres, DVD, disques CD et cinéma défendu notamment par TV5 Québec Canada ici, il ne faut pas être dupe du jeu des intérêts que connaît la France comme n'importe lequel autre État du monde.

Le Québec français est essentiellement seul sans allié, voilà la réalité. Et si l'autonomisme prend trop longtemps le dessus sur la souveraineté, il va de soi comme le titre le Paris Match que le Québec au mieux pour la France d'aujourd'hui ne sera que la "belle province" du Canada. Les amis bien pourvus sont souvent plus intéressants que les frères oubliés devenus lointains.

M.Descôteaux, votre optimisme est discutable.


J.P.Bouchard

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