Vos réactions

Lord Durham a bien vu et Bousquet est un paysan selon Fillon

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Fernand Trudel
Envoyé Le samedi 05 juillet 2008 11:00



Ce que Lord Durham a décrit est un système féodal français rétrograde et archaïque. Les seigneuries et les curés ce sont les français qui nous les ont laissé. Le système britannique nous a donné en héritage un système parlementaire qui fait l'envie de plusieurs pays. D'ailleurs le nouveau parlement européen vient de s'en inspirer de notre confédération. Mais laissons Lord Durham s'exprimer lui-même. Voici dews extraits de son rapport:

source : http://www.republiquelibre.org/cousture/DURH.HTM

« Je m'attendais à trouver un conflit entre un gouvernement et un peuple ; je trouvai deux nations en guerre au sein d'un même État : je trouvai une lutte, non de principes, mais de races. Je m'en aperçus : il serait vain de vouloir améliorer les lois et les institutions avant que d'avoir réussi à exterminer la haine mortelle qui maintenant divise les habitants du Bas-Canada en deux groupes hostiles: Français et Anglais. » ... « Les institutions de France durant la colonisation du Canada étaient peut-être plus que celles de n'importe quelle autre nation d'Europe propres à étouffer l'intelligence et la liberté du peuple. Ces institutions traversèrent l'Atlantique avec le colon canadien. Le même despotisme centralisateur, incompétent, stationnaire et répressif s'étendit sur lui. Non seulement on ne lui donna aucune voix dans le Gouvernement de la province ou dans le choix de ses dirigeants, mais il ne lui fut même pas permis de s'associer avec ses voisins pour la régie de ses affaires municipales que l'autorité centrale négligeait sous prétexte de les administrer. Il obtenait sa terre dans une tenure singulièrement avantageuse à un bien-être immédiat, mais dans une condition qui l'empêcherait d'améliorer son sort ; il fut placé à l'instant même à la fois dans une vie de travail constant et uniforme, dans une très grande aisance et dans la dépendance seigneuriale. » ... « Placés dans de telles circonstances, ils ne firent aucun autre progrès que la largesse de la terre leur prodigua ; ils demeurèrent sous les mêmes institutions le même peuple ignare, apathique et rétrograde. Le long des rives du Saint-Laurent et de ses tributaires, ils ont défriché deux ou trois bandes de terre ; ils les ont cultivées d'après les plus mauvaises méthodes de petite culture. Ils ont érigé une suite ininterrompue de villages qui donne au pays des seigneurs l'apparence d'une rue sans fin. Outre les villes, qui étaient les sièges du Gouvernement, on n'en fonda pas d'autres. » ... « Ils sont restés une société vieillie et retardataire dans un monde neuf et progressif. En tout et partout, ils sont demeurés Français, mais des Français qui ne ressemblent pas du tout à ceux de France. Ils ressemblent plutôt aux Français de l'Ancien régime. »

Voilà de sages paroles d'un Lord qui a vu juste et diagnostiqué le bon remède. Continuons les extraits provenant toujours de la même source:

« Les deux races, ainsi séparées, se sont trouvées dans une même société et dans des circonstances qui devaient nécessairement produire un choc entre elles. D'abord, le langage les tenait à distance l'une de l'autre. » ... « Les Anglais ont trouvé dans les Canadiens français une somme égale de fierté nationale ; fierté ombrageuse, mais inactive qui dispose ce peuple moins à ressentir une insulte qu'à se tenir éloigné de ceux qui voudraient le tenir dans l'abaissement. Les Français étaient forcés de reconnaître la supériorité et l'esprit d'entreprise des Anglais. Ils ne pouvaient pas se cacher leur succès à tout ce qu'ils touchaient ni leur progrès de chaque jour. Ils regardèrent leurs rivaux avec alarme, avec jalousie, enfin avec haine. Les Anglais le leur rendirent par une morgue qui ressembla bientôt à de la phobie. Les Français se plaignaient de l'arrogance et de l'injustice des Anglais ; les Anglais reprochaient aux Français les défauts d'un peuple faible et vaincu, les accusaient de bassesse et de perfidie. L'entière défiance que chacune des deux races a pu concevoir des intentions de l'autre a fait qu'elles ont toujours attribué les plus noirs desseins aux gestes les plus innocents. » ... «
Ils ont un clergé différent et jamais ils ne se rencontrent dans la même église. Ils n'ont pas eu une instruction commune qui ait tendu à faire disparaître ou à diminuer la disparité de langage et de religion. Les associations de jeunesse, les jeux de l'enfance et les études qui à l'âge mûr modifient le caractère, tout cela est distinct et diffère totalement chez les uns et chez les autres. A Montréal et à Québec, il y a des écoles anglaises et des écoles françaises. Les élèves s'accoutument à combattre nation contre nation, et les batailles de rue parmi les enfants présentent souvent une division, d'un côté les Anglais, de l'autre les Français. Comme ils ont été instruits séparément, ainsi leurs études sont-elles différentes. La littérature familière aux uns et aux autres est celle de leur langue maternelle. Les idées que les hommes puisent dans les livres leur viennent d'autres sources. A cet égard, la diversité du langage produit des effets différents de ceux qu'elle a dans les relations entre les deux races. Ceux qui ont réfléchi sur la force de l'influence de la langue sur la pensée peuvent concevoir comment les hommes qui parlent un langage différent sont portés à penser différemment. »

Voilà on entretien encore aujourd'hui la défiance et la différence entre les deux races. C'est la tare que véhicule les souverainistes et qui fait faire du surplace aux québécois dans un monde d'une économie planétaire tributaire des technologies modernes que sont les communications visuelles et médiatiques à l'échelle planétaire et l'ordinateur qui ouvre le monde entier à tous.

Ce que Bousquet et ses amis souverainistes nous proposent c'est la balkanisation du Québec et une nouvelle dépendance à une aristocratie du plateau Mont-Royal autour de la châtelaine de l'Ile Bizard. Bizarre de pays...

Déjà le Canada par son importance démographique a de la misère à s'inposer au niveau du concert des nations, imaginez qu'on morcelle cette force économique déjà chancelante...

C'est en s'unissant qu'on s'impose, nos pères de la confédération l'ont compris mais il reste des irréductibles qui se sont maintenus cachés sous les clochers. Maintenant que les curés disparaissent et que l'individualisme est roi, comment pouvons-nous espérez bâtir un peuple avachi et accroché aux mamelles de l'état providence dans un monde en pleine mutation ???

Oui, les français sont forts en discours enjoleurs mais outre la culture, l'économie n'est pas leur dada et leurs frères souverainistes ont une vision rétrograde de l'avenir...

En tout cas, Zonzon Beaudoin-Dorlot devra donner de la cuisse encore plus dans les cocktails diplomatiques à L'Élysée en attendant la position en octobre de Sarkozy séduit par tant de beauté de notre gouverneure générale, Michaelle Jean qui fait le délices des paparazzis. De quoi rendre Carla Bruni jalouse...

En conclusion, la bourde de Fillon, nous rappelle que les français n'ont pas si évolué qu'on le penses... Mon cher Bousquet, vous êtes un paysan selon Fillon qui a voulu redonner en le précisant, le vrai sens à ses paroles tonitruantes dont vous vous gavez avidement...

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com