Bouclier antimissile - La Pologne fait monter les enchères
Mots clés : négociations, bouclier antimissile américain, Donald Tusk, Gouvernement, Forces armées, États-Unis (pays), Pologne (pays)

Photo: Agence Reuters
«L'installation du bouclier crée de nouvelles menaces et si le bouclier ne peut pas répondre à toutes ces menaces, nous avons besoin d'autres éléments techniques, comme par exemple des missiles Patriot sur le sol polonais», a-t-il expliqué, défendant ses revendications comme étant réalistes et bien fondées.
«Nous n'attendons pas de moyens financiers extraordinaires, nous ne discutons pas de grandes sommes d'argent, mais il nous faut des solutions claires, à savoir une présence permanente des armements qui garantissent la sécurité de la Pologne», a déclaré M. Tusk.
«Les négociations continuent, a-t-il assuré, nous sommes prêts à coopérer, mais nous attendons une réponse de la partie américaine.»
«Nous pouvons donner notre accord à tout instant, demain, dans une semaine, dans un mois, à condition d'avoir des garanties réelles pour notre sécurité», a insisté le premier ministre, qui a eu un dernier entretien téléphonique jeudi soir avec le vice-président américain, Dick Cheney.
«Tusk lui-même n'est pas un enthousiaste du bouclier, mais il ne veut pas être tenu responsable de l'échec des négociations et il renvoie la balle dans le camp américain. Il sait que l'opinion polonaise y est majoritairement opposée, à en croire les sondages. Il a tout intérêt à ne pas être pressé», a estimé le politologue Jacek Kucharczyk, interrogé par l'AFP.
Selon lui, «on ne peut pas exclure maintenant une suspension tem-
poraire des pourparlers par les
Américains».
Mais selon un autre expert, Wojciech Luczak, «les Américains aimeraient accélérer la conclusion d'un accord, parce que les républicains sont sous la pression des groupes de pression industriels», qui craignent qu'une victoire des démocrates de Barack Obama aux élections de novembre ne remette en cause le projet.
La décision de M. Tusk est un nouveau point de discorde avec le président Lech Kaczynski, partisan pratiquement inconditionnel du bouclier, qui a multiplié les pressions sur le gouvernement libéral.

