Regain de tension en Ossétie du Sud

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AFP
Édition du samedi 05 et du dimanche 06 juillet 2008

Mots clés : Irina Gagloïeva, Ossétie du Sud, Violence, Forces armées, Georgie (pays)

Tbilissi -- L'Ossétie du Sud, territoire séparatiste géorgien, a été le théâtre de violences hier ayant causé la mort de deux personnes, selon le bilan ossète, Moscou dénonçant «un acte d'agression» de la part de la Géorgie et l'Union européenne appelant à la retenue.

Dans la matinée, Irina Gagloïeva, porte-parole du gouvernement ossète, a affirmé que les forces géorgiennes avaient déclenché dans la nuit de jeudi à hier une vaste attaque venant de trois directions contre l'Ossétie du Sud, faisant usage de mortiers, de lance-grenades et d'armes légères.

Les troupes géorgiennes «ont simplement ouvert le feu en réplique» à des tirs de rebelles ossètes sur des villages géorgiens, a réagi le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Chota Outiachvili, interrogé à Tbilissi.

Deux personnes ont été tuées et dix blessées, selon le bilan des autorités ossètes, qui ont annoncé dans la matinée «la mobilisation

générale».

Dans la journée, le gouvernement ossète a affirmé que la situation était revenue à la normale, sous-entendant que la mobilisation générale n'était plus à l'ordre

du jour.

La Russie a, quant à elle, accusé la Géorgie de s'être livrée à un «acte d'agression délibéré», dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Auparavant, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, en déplacement au Turkménistan, a exhorté Tbilissi à «signer un document juridiquement contraignant, qui garantirait le non-usage de la force dans les zones des conflits». La présidence française de l'UE a appelé hier «toutes les parties à la

retenue».

Les autorités locales considèrent que Tbilissi se prépare à reprendre le contrôle de cette zone montagneuse du nord de la Géorgie, véritable patchwork de localités ossètes et géorgiennes, qui a proclamé unilatéralement son indépendance au début des années 1990, après la disparition de l'URSS, tout comme l'Abkhazie.

La situation s'était fortement détériorée jeudi quand un responsable de la police d'Ossétie du Sud avait été tué dans un attentat

à la bombe.

Tbilissi, qui a nié toute implication, avait, pour sa part, affirmé que les forces de sécurité ossètes avaient tenté d'assassiner un responsable pro-géorgien dans la région indépendantiste.

La tension monte dans les deux régions rebelles depuis la décision de la Russie, en avril, de renforcer ses liens avec elles.


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