Frank Vignola au Festival d'été de Québec - Vous avez dit train ?

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Matthieu Dugal
Édition du samedi 05 et du dimanche 06 juillet 2008

Mots clés : Festival d'été de Québec, Frank Vignola, Festival et fête, Musique, Québec (ville), Québec (province)

Source : Festival d'été de Québec
Frank Vignola

Québec -- Décidément, les «guitar heroes» sont à l'honneur en ce début du Festival d'été de Québec. Après les papis rockeurs de Van Halen qui ont lancé les festivités de cette 41e édition jeudi soir sur les plaines d'Abraham, c'est maintenant au tour d'un autre véloce musicien improvisateur, Frank Vignola, de prendre d'assaut les scènes du FEQ.

Il y a dans la musique de Frank Vignola quelque chose qui descend du train et quelque chose qui descend du vent. Il faut avoir entendu au moins une fois ses solos d'une rapidité et d'une clarté stupéfiantes pour sentir à quoi pouvait ressembler une locomotive lancée à tombeau ouvert dans une longue ligne droite. Et pourtant, rien de lourdaud dans ce jeu tout en délicatesse et en légèreté. Une quadrature du cercle qui fait bien rire le principal intéressé quand on lui en parle. «Je me suis toujours intéressé au jeu de plusieurs guitaristes, c'est peut-être ce qui me donne ce caractère un peu dur à discerner!», précise-t-il. En effet, Frank Vignola n'a pas peur de citer ses références éclectiques, qui vont de Jimi Hendrix ou Eric Clapton jusqu'à des musiciens plus méconnus, comme Johnny Smith, un magnifique guitariste qui a notamment accompagné Stan Getz. Et puis, en rafale, il cite Wes Montgomery, Charlie Christian et bien évidemment, Django Reinhardt. «J'aimerais les écouter plus souvent, mais je joue énormément ces temps-ci, j'ai moins le temps de me ressourcer.» À côté de ces grands noms de la guitare Vignola figurent les Charlie Parker, Sonny Stitt et Thelonious Monk. «Je ne peux pas concevoir de n'écouter qu'une sorte de musique, je trouve que dans le jazz, traditionnellement, on s'est beaucoup limité en matière d'influences, mais la jeune génération a souvent moins d'oeillères. J'adore le jazz, le R&B, le rock et je suis fier de le dire!»

À entendre parler le volubile New-Yorkais, on pourrait croire qu'il a 50 ans de métier. «C'est faux! J'ai 38 ans de métier.» Petit détail: Frank Vignola a... 42 ans. Né à Long Island dans une famille musicienne (son père était un excellent joueur de banjo), il a commencé la guitare et le banjo à cinq ans pour ne jamais s'arrêter. À 23 ans, il décide de former un groupe qui allait le lancer. Grand admirateur de Django Reinhardt, Vignola décide de recréer avec des copains le fameux quintette «Hot Club de France» fondé en 1934 par Reinhardt et Stéphane Grappelli. En 1988, le New York Times déclare que le groupe fait partie des meilleurs groupes de jazz de l'année. Les contrats ne tardent pas à affluer chez de prestigieuses étiquettes de disques parmi lesquelles Concord et Telarc.

Vignola est extrêmement heureux de venir présenter le travail qu'il a réalisé avec son Rhythm Machine, un ensemble constitué exclusivement d'instrument à cordes: deux guitares, un violon et une contrebasse. Un ensemble qui, comme son nom l'indique, ne souffre pas du tout de l'absence de batteur, comme c'est souvent le cas dans le jazz manouche, d'ailleurs. «C'est une musique que je veux éloigner du strict jazz manouche, admet Vignola. On a autant un répertoire de standards jazz que de pièces pop. Ce que je veux avec ce groupe, c'est de faire tomber les barrières entre les différents genres musicaux. Les gens qui aiment la pop vont se retrouver là-dedans autant que l'amateur de jazz ou bien l'amateur de bluegrass.» Le grand Les Paul ne s'y est pas trompé, lui qui a récemment affirmé au New York Times que Vignola faisait partie de la courte liste des guitaristes qu'il admirait le plus...

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Collaborateur du Devoir


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