Les technologies médicales - Des impacts considérables sur tous les plans

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Claire Harvey
Édition du samedi 05 et du dimanche 06 juillet 2008

Mots clés : Roger Jacob, technologies médicales, Science, santé, Québec (province)

Dossiers médicaux informatisés, appareils d'imagerie très puissants, petits outils sophistiqués. Les technologies médicales occupent une place importante dans notre système de santé et modifient considérablement l'offre de soins. Expert en la matière, Roger Jacob fait le point.

L'univers des technologies médicales est très vaste. Il comporte l'ensemble des médicaments, des instruments, des procédures et des systèmes de soutien nécessaires pour offrir des soins. Roger Jacob, ingénieur et coordonnateur de l'immobilisation et des équipements médicaux de l'Agence de santé et des services sociaux de Montréal, explique que la médecine est de plus en plus tributaire des technologies. «Elles font partie intégrante des hôpitaux et envahissent même nos maisons.»

Selon M. Jacob, les technologies se retrouvent dans tous les champs médicaux. «Les spécialistes et médecins les emploient tant pour la prévention, le diagnostic et le traitement que pour la réadaptation ou le maintien à domicile. Par exemple, les médecins utilisent les vaccins pour prévenir l'apparition de maladies, l'imagerie médicale pour le dépistage précoce ou encore les examens en laboratoire pour poser des diagnostics. À cela s'ajoutent les technologies de soutien, par exemple la stérilisation, et celles relatives aux infrastructures des hôpitaux, notamment pour assurer l'alimentation en électricité en cas de panne. Sans les technologies, environ 80 % des soins ne pourraient être prodigués. Elles ont complètement changé les pratiques médicales.»

Des percées majeures

La technologie médicale est souvent associée aux gros appareils très onéreux tels que les tomodensitomètres, les systèmes d'imagerie par résonance magnétique et les caméras de médecine nucléaire. M. Jacob fait observer que ces appareils ne représentent qu'une petite partie de l'arsenal médical d'un établissement de santé. «Le parc d'équipements comporte également des milliers de petits instruments et appareils médicaux. C'est dans ce domaine qu'il y a le plus grand nombre d'innovations.»

Bon nombre d'autres secteurs connaissent des avancées technologiques importantes, dont celui des analyses en laboratoire. «Par exemple, les développements en dépistage génétique permettront de prévoir les risques d'être atteint de certains cancers. Ces innovations vont accroître l'avance des outils diagnostiques sur les moyens thérapeutiques. Actuellement, il y a d'ailleurs une forte demande de tests génétiques.»

Les technologies médicamenteuses affichent, elle aussi, un progrès considérable. Aujourd'hui, les médicaments servent non seulement à soigner les patients, mais aussi à prévenir l'apparition de maladies, à réduire les symptômes et à améliorer la qualité de vie des personnes souffrant d'une maladie chronique. Cette évolution se répercute sur les dépenses consacrées aux médicaments. Selon l'Institut canadien d'information sur la santé, le coût des médicaments est passé de 288 millions de dollars en 1975 à six milliards de dollars trente ans plus tard, ce qui représente 22 % des dépenses en santé au Québec.

Les systèmes d'information sont également appelés à se développer. Par exemple, en 2005, le gouvernement du Québec s'est engagé à déployer, d'ici 2010, le Dossier de santé du Québec, soit un dossier informatisé pour chaque patient québécois. Il contiendra notamment des renseignements sur le profil pharmaceutique du patient, ses résultats d'examen de laboratoire, ses allergies. «Il permettra aux médecins, spécialistes et infirmières autorisés d'avoir accès aux informations nécessaires à la prise en charge et au suivi du patient», précise M. Jacob.

Réduire les coûts

M. Jacob fait observer que ces innovations comportent de nombreux enjeux. «En premier lieu, elles entraînent des coûts importants pour notre système de santé. Par exemple, il y a 15 ans, les salaires représentaient de 80 à 85 % du budget des hôpitaux universitaires, comparativement à entre 65 et 70 % aujourd'hui. L'une des principales hausses des dépenses hospitalières est attribuable aux technologies.»

Les hôpitaux ont adopté des moyens, comme l'achat groupé, pour réduire le coût d'acquisition des nouvelles technologies. Cependant, on cherche à diminuer davantage les coûts par une meilleure organisation du travail et un suivi étroit des médicaments. «Ainsi, d'ici cinq ans, on automatisera et informatisera tout le circuit des médicaments dans les établissements de santé du Québec, ce qui augmentera l'efficacité du personnel et réduira les erreurs médicamenteuses.» Le Projet sur les systèmes automatisés et robotisés pour la distribution des médicaments (PSARDM) utilisera plusieurs technologies: ensacheuses de dernière génération, codes-barres, robots centralisés, etc. Ce projet vise à améliorer la performance des pharmacies d'établissement qui manquent actuellement de systèmes informatiques et souffrent d'une pénurie de pharmaciens.

Le rythme auquel s'implantent ces nouvelles technologies pose également des défis de taille pour le personnel, surtout dans un contexte de pénurie des ressources. «Par exemple, il existe plus de 5000 catégories d'instruments technologiques, de toute nature, sur le marché, note l'expert. Si on ajoute à cela le nombre de modèles, on se retrouve avec plus de 50 000 articles pouvant être utilisés dans un hôpital. Ces innovations ont un impact sur la qualification de base de la main-d'oeuvre et sur les besoins de formation continue.»

Dans la foulée du rapport Castonguay, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a annoncé la création de l'Institut national d'excellence en santé (INES). Ce nouvel organisme indépendant naîtra de la fusion du Conseil du médicament du Québec et de l'Agence d'évaluation des technologies et des modes d'intervention en santé. L'INES devra notamment évaluer les technologies de la santé et élaborer des guides de protocole sur l'utilisation des médicaments et la composition des paniers de services.

En somme, si les technologies médicales améliorent la qualité du système de santé et l'offre de soins, elles soulèvent également de nombreux défis auxquels il faudra faire face.

***

Collaboratrice du Devoir


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Le dossier de santé du québec - par Leduc Carole
Le samedi 05 juillet 2008 21:00

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