Une exceptionnelle réussite
Mots clés : My Winnipeg, critique, Culture, Cinéma, Canada (Pays), Québec (province)

La scène montrant des chevaux emprisonnés dans les glaces de la rivière, à elle seule digne d'une installation muséale, sert pour sa part de contrepoint surréaliste à un film dont la forme, en soi, est un vrai bijou d'imagination. Un train traverse la nuit de Winnipeg, avec à son bord un narrateur qui, plongé dans un sommeil agité, évoque les mutations de cette ville d'hiver plantée au beau milieu des Prairies canadiennes. Maddin n'en fait pas l'apologie. Mais l'ironie de la narration, très «film noir», cache une profonde tendresse pour ce lieu aux mille visages, assumés dans l'après-guerre, défigurés au tournant
du millénaire.
Comme Gilles Carle qui, ayant reçu de l'ONF la mission de réaliser un documentaire sur le déneigement à Montréal, avait accouché de La Vie heureuse de Léopold Z, l'auteur de Careful et d'Archangel a détourné une commande «officielle» pour réaliser un film personnel, intime, irrespectueux des conventions, entièrement libre. Il gagne sur tous les fronts. Mais je crains toutefois que seuls les initiés de son univers seront à même de prendre la pleine mesure de
sa réussite.
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My Winnipeg
De Guy Maddin. Avec Darcy Fehr, Ann Savage, Amy Stewart, Louis Negin, Brendan Cade, Wesley Cade. Scénario: G. Maddin, George Toles. Image: Jody Shapiro. Montage: John Gurdebeke. Musique: Joseph Vitarelli. Canada, 2007, 80 min.
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Collaborateur du Devoir
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