Vos réactions

Champlain, héros ou premier génocidaire ?

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Nicolas Stéphane
Envoyé Le vendredi 04 juillet 2008 18:00



Bonjour,

pour ma part, je dois avouer que je trouve cet article plutôt insipide et qu'il ne fait que flatter un orgueil nationaliste de bas étage chez un peuple québécois soit-disant en mal d'identité...
Je vois mal comment on peut donner plus de crédit à ce révisionnisme historique qu'à l'absence de contenu historique mise de l'avant par Ottawa et complaisamment endossée par messieurs Charest et Labeaume.

Pas plus tard qu'hier, j'ai pu voir la remarquable pièce de théâtre "sinking" de la troupe "Les laboratoires du théâtre optatif". Tout au long de la pièce, on nous rapporte les propos de Champlain, ses actions, des faits historiques... La différence est qu'une large place est faite à l'histoire orale des autochtones, et qu'il en ressort rapidement que le discours et les faits de Champlain contenaient déjà tout le racisme et l'esprit colonial qui allaient guider le comportement des colons français et bientôt du peuple québécois dans leurs relations avec les peuples d'Amérique.

On y découvre un Champlain menteur, fourbe, violent, qui n'hésite pas à enlever le fils de Donnaconna, génocidaire qui fera brûler nombre de villages autochtones et même griller certainEs amérindienNEs sur des bûchers dignes de l'inquisition. Tout cela en rapportant au "Roy de France" que la terre du Québec est inoccupée et libre pour l'implantation de colonies. Les autochtones n'ont pas attendu Desjardins pour être invisibles aux yeux des colons Québécois...

L'Europe était particulièrement violente à l'époque de la colonisation. Déchirée par des guerres qui l'ont malmenée pendant 400 ans environ, les armées de tous les pays étaient largement aguerries et d'une férocité à laquelle les peuples amérindiens n'ont pas su faire face. Loin d'établir un modèle différent des Anglais ou des Espagnols, les Français ont agit avec la même barbarie, se donnant eux aussi bonne conscience par leur prétendue supériorité ethnique et la supériorité certaine de leur dogme religieux.

Il suffit de regarder le Québec d'aujourd'hui où aucune place n'est faite aux autochtones, toutes leurs terres pillées, leur culture à peine survivante de ce génocide plusieurs fois centenaire pour se convaincre que Champlain a semé les graines du discours colonialiste qui domine encore largement les mentalités vis à vis des peuples autochtones. Victimes des pires misères, de préjugés d'un autre âge, citoyenNEs de seconde classe, continuellement persécutéEs, c'est bien la condition des autochtones aujourd'hui et elle représente très bien l'héritage de Champlain. Comment en serait-il autrement ?

On peut bien encenser Champlain, discourir sur la légitimité de sa particule mais il serait bon de juger l'acte de colonialisation de l'Amérique française lui-même pour ce qu'il a été. C'est précisément ce à quoi aurait pu servir les fêtes du 400ème de Québec si on avait eu le courage de porter un regard critique sur l'histoire de notre peuple et de notre nation.

Sans ce courage, notre quête d'identité n'aura jamais de sens et nous ne serons jamais maîtres de notre avenir.

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com