Aretha Franklin à la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA - Au piano ou pas, du meilleur au pire
Mots clés : FIJM, Aretha Franklin, Musique, États-Unis (pays), Montréal

Photo: Jacques Grenier
Et puis, à la mi-spectacle, alors que tout semblait perdu, Aretha s'est assise au piano, et ses mains, que l'on aurait dit mues par d'anciens ressorts, j'en jurerais, les ressorts de l'âme, l'ont ramené à l'origine. On était instantanément de retour à l'église, et c'était à nouveau la fille du Révérend Franklin qui menait la congrégation à la terre promise. Tout l'orchestre était en son pouvoir,et modulait enfin: on l'entendait chanter, haut et fort. On avait traversé la rivière Jordan, on était ailleurs. À la bonne place. Et Bridge Over Troubled Water, l'hymne de Simon & Garfunkel, était presque telle que chantée au Fillmore West de San Francisco, ce fameux soir de 1971 où Aretha toucha au ciel et transporta son église dans un temple de rock.
On aurait voulu qu'elle reste au piano, on aurait voulu tout le spectacle au piano, on aurait voulu cette Aretha vitale, pertinente, inspirée, inspirante, tout le temps. Mais la diva revint quand Aretha se leva, et le spectacle, bien que porté par ce qui venait de se passer, s'acheva sans surprise sur Freeway Of Love, tube enlevant mais négligeable des années 80. Les gens étaient contents, ils auraient pu être extatiques. Trois quarts d'heure plus tard, de retour sur la même scène, devant les caméras et micros des médias convoqués, Aretha décrivait elle-même sa soirée: «Plus de plaisir que de travail.» Trois autres questions et elle s'éclipsait, pour cause de climatisation dangereuse: Aretha, en effet, récidive ce soir à Wilfrid. «Les gens ne paient pas pour m'entendre chanter faiblement.» C'est vrai: ils paient pour une heure de n'importe quoi à pleins poumons et quinze minutes de vérité à l'église.
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Collaborateur du Devoir
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moche la sono, caca les photos! - par Jean Dussault
Le vendredi 04 juillet 2008 08:00

