La police cubaine s'en prend aux dissidents
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La Havane -- Au moins huit dissidents cubains ont été interpellés hier au cours d'une vaste opération policière dirigée contre une quarantaine d'opposants, a-t-on appris de source dissidente.
«Ce sont des détentions arbitraires dont nous espérons qu'elles seront de courte durée», a déclaré de son côté Elizardo Sanchez, président de la Commission cubaine pour les droits de l'homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, illégale mais tolérée).
L'initiative intervient au lendemain d'une mise en garde des autorités cubaines contre le soutien accordé par la représentation diplomatique américaine aux opposants qui, selon le gouvernement, s'apprêtaient «à organiser des actions provocatrices sur la voie publique» à l'occasion de la fête nationale américaine, le 4 juillet.
Selon M. Sanchez, cinq personnes interpellées étaient identifiées -- il s'agirait de Francisco Chaviano, Leonardo Bruzon Avila, René Montes de Oca, Julio César Lopez, Emilio Leyva --, les noms des trois autres, parmi lesquels deux opposants de la province de Las Tuna, n'étant pas encore disponibles.
«Chaviano a été arrêté à six heures du matin par des agents en uniforme venus à bord de trois automobiles, Bruzon une heure avant», avait annoncé au préalable Mme Roque, un des fers de lance de la dissidence, qui dirige l'Agenda pour la transition, un regroupement d'opposants.
Ex-professeur de mathématiques, libéré en août 2007 après 13 ans de prison, Francisco Chaviano, 55 ans, est l'un des responsables de ce mouvement. Leonardo Bruzon, 54 ans, a déjà effectué cinq ans de prison et René Monte de Oca a été arrêté en 2005 et libéré en juillet 2007.
Dans un communiqué, le gouvernement cubain a prévenu mercredi qu'il ne tolérerait pas les manifestations de dissidents à l'occasion de la fête de l'Indépendance des États-Unis et tiendrait Washington responsable «des conséquences» s'il continuait «d'encourager» l'opposition.
L'opération intervient également 15 jours après l'annonce par l'Union européenne (UE) de la levée des sanctions contre Cuba.
Ce geste n'a toujours suscité aucune réaction officielle à La Havane, seul l'ex-président Fidel Castro ayant fait part de son «mépris» à l'égard de ce qu'il a qualifié d'«énorme hypocrisie».
Les sanctions avaient été adoptées après la vague de répression de 2003 contre les dissidents, dont 75 avaient été condamnés à des peines de 6 à 28 ans de prison.

