Festival - Fantasia, la belle bête
Mots clés : Festival international de films Fantasia, Fantasia, Christal Films, Montréal

Volontiers associé au gore, aux tripes et aux boyaux plus dehors que dedans, Fantasia met pourtant en avant une programmation très variée où, il est vrai, on se perd un peu tant l'offre est abondante, quoiqu'un resserrement appréciable soit observable cette année. Métrages courts, longs et documentaires vrais et faux se côtoient dans une édition qui promet aux puristes leur lot d'étrangetés où, oui, le sang peut gicler mais où, faut-il encore le préciser, des instants de grâce peuvent également fleurir, comme dans le magnifique Let the Right One In (6 juillet à 19h30, Théâtre du Hall; 8 juillet à 21h30, salle J. A. de Sève), du Suédois Tomas Alfredson, qui nous fait revivre les affres de la fin de l'enfance à travers le récit d'un garçon malingre de 12 ans qui se lie d'amitié avec sa nouvelle voisine, une vampire qui a, dit-elle, «plus ou moins le même âge». Fable belle et lisse aux superbes images glacées, ce film atypique envoûte par un onirisme macabre recherché et une plastique exemplaire. C'est aussi une touchante et délicate histoire d'amour. À voir.
Pour qui préfère sa terreur viscérale, le film espagnol [rec] (4 juillet à 21h30, Théâtre du Hall; 6 juillet à 15h, idem), qui a remporté deux Goyas, est tout indiqué. Prisonniers d’un vieil immeuble mis sous scellés, une animatrice et son caméraman sont les témoins, puis les protagonistes, d’une terrifiante épidémie. Amalgamant intelligemment des éléments narratifs de films phares du genre, tels Shivers, de Cronenberg, Dawn of the Dead, de Romero, et The Beyond, de Fulci, le film de Jaume Balagueró (The Nameless) est entièrement tourné en caméra subjective — à la Blair Witch — et propose un crescendo horrifique diablement efficace. La conclusion ne tient pas vraiment la route, mais l’effet fonctionne tout plein. Du reste, qui cite Fulci ne recherche pas vraiment la cohérence absolue...
En rafales
Plusieurs morceaux de choix et curiosités à signaler, en rafales: Mother of Tears (5 juillet à minuit, Théâtre du Hall), conclusion de la trilogie des «Mères» du maestro Argento (après Suspiria et Inferno), arrive précédé de murmures mitigés, mais on veut voir par soi-même; sur des mélodies jazz à la Michel Legrand, The Sparrow (7 juillet à 19h45, Théâtre du Hall), de Johnnie To, est l'intrigant et très fignolé récit de quatre frères pickpockets et d'une mystérieuse demoiselle; bien de chez nous, le documentaire La Bête du lac (18 juillet à 17h, salle J. A. de Sève), de Nicolas Renaud, se penche sur la légende de la créature lacustre hantant le lac Pohénégamook; Lady Blood (8 juillet à 0h15, Théâtre du Hall), de Jean-Marc Vincent, est une suite inattendue à Baby Blood (1990), l'une des premières incursions françaises en territoire gore; adoptant les mécanismes narratifs de Citizen Kane, What We Do Is Secret (6 juillet à 22h, Théâtre du Hall), de Rodger Grossman, est une biographie de l'icône punk Darby Crash.
On veut aussi voir Alone (20 juillet à 19h20, Théâtre du Hall; 21 juillet à 17h30, salle J. A. de Sève) et 4bia (19 juillet à 18h30, Théâtre du Hall), des Thaïlandais Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom, qui nous avaient offert l'ingénieux Shutter, victime d'un récent remake américain. Repo! The Genetic Opera (18 juillet à 21h45, Théâtre du Hall), de Darren Lynn Bousman, attirera de son côté les nostalgiques du Rocky Horror Picture Show et de Phantom of the Paradise.
Plus de 70 longs métrages étant présentés, un coup d'oeil à la programmation ou quelques clics dans le site du festival (www.fantasiafestival.com) sont tout indiqués. Compressée et non exhaustive, la précédente liste donne toutefois un indice du large spectre qu'entend couvrir Fantasia 2008 à l'intérieur d'un créneau plus vaste qu'on ne le soupçonne. Et c'est aussi pour s'en apercevoir qu'on fréquentera l'événement, qui se tient au Hall Concordia du 3 au 21 juillet.
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Collaborateur du Devoir
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