Prévisions de la Banque Royale et de la Banque de Montréal - Les temps durs arrivent pour les économies québécoise et ontarienne

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Gérard Bérubé
Édition du vendredi 04 juillet 2008

Mots clés : crise, Économie, Ontario (province), Canada (Pays), Québec (province)

Des temps plus difficiles sont à prévoir pour les économies ontarienne et québécoise. Selon que l'on retient les projections de la Royale ou de la Banque de Montréal, la croissance au Québec sera de 1 % ou de 0,6 % en 2008, soit un taux anémique dans les deux cas, qui devrait se traduire par l'apparition d'un déficit avant transferts de 628 millions dans les états financiers du gouvernement québécois. La situation ontarienne sera pire, cette province étant durement secouée par la crise de l'automobile.

Deux autres banques ont dévoilé hier leurs prévisions économiques par province. Mettant l'accent sur les disparités régionales qui caractérisent plus que jamais l'économie canadienne depuis l'envolée des cours pétroliers, les prévisionnistes de ces institutions parlent de temps durs pour les provinces centrales. Partant d'une croissance de 2,4 % en 2007, le PIB québécois ne devrait croître que de 1 % cette année selon la Royale, que de 0,6 % selon la Banque de Montréal, pour rebondir à 2,3 % (à 2,1 % selon la BMO) en 2009 sous l'impulsion d'un retour en forme de l'économie américaine.

L'activité économique sera encore plus poussive en Ontario. La Royale cible une progression du PIB ontarien de 0,7 % cette année comparativement à 2,1 % l'an dernier. La Banque de Montréal est plus pessimiste avec une projection de croissance de 0,2 % seulement en 2008. Toutes deux misent sur un rebond en 2009, avec une augmentation prévue du PIB de 2,2 % et de 2 % respectivement.

«Après l'Ontario, le Québec est l'autre province durement touchée par la tempête qui frappe les exportations dans le secteur canadien de la fabrication», a déclaré Craig Wright, premier vice-président et économiste en chef de la plus grande banque au pays. Le Québec peut cependant compter sur l'effet adoucisseur du dynamisme des secteurs minier et aéronautique. «À la différence de l'Ontario, l'économie du Québec est moins exposée aux turbulences du secteur de l'automobile.» Le Québec doit cependant conjuguer avec un secteur forestier traversant une crise sans précédent, dont les effets seront contrebalancés par une construction non résidentielle appelée à connaître «un regain grâce à une multitude de projets d'infrastructure dans les secteurs des soins de santé, de l'éducation, des transports, de l'énergie ainsi que des mines et des métaux». Ce regain devrait plus que compenser pour le ralentissement de l'activité dans le secteur de la construction résidentielle, croit l'économiste de RBC.

Pour sa part, la Banque de Montréal estime que ce ralentissement de la croissance ne sera pas sans exercer des pressions sur les finances publiques québécoises. Ainsi, d'un surplus avant transferts de 1,1 milliard au cours de l'exercice 2007-08, les écritures comptables feront ressortir un déficit avant transferts de 628 millions au terme de l'actuel exercice financier. En Ontario, malgré un scénario de quasi-récession, la province devrait terminer l'exercice 2008-09 avec un budget équilibré après réserve de 750 millions.

Au niveau canadien, avec des provinces de l'Ouest faisant le plein des cours records de l'énergie et des matières premières, le Canada devrait s'en tirer avec une croissance de son PIB de 1,4 % (de 1 % selon la BMO) cette année, contre 2,7 % en 2007. Le tout devrait être suivi d'un rebond à 2,5 % selon la Royale, à 2,2 % selon la Banque de Montréal, l'an prochain. «L'affaiblissement de l'économie américaine a contribué à la baisse imprévue de la croissance de l'économie canadienne au premier trimestre de 2008», a rappelé la Royale, qui pointe en direction du repli de 0,3 % du PIB canadien après trois mois en 2008, soit un premier recul trimestriel en cinq ans. L'économiste mise sur un rebond de l'économie américaine l'an prochain, tout en se qualifiant de «nerveusement optimiste». Il a évoqué de grandes incertitudes provoquées par les nombreux ratés que cumule l'économie des États-Unis depuis le début de l'année et par l'étonnante durabilité du pétrole cher.


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Attention aux faux prophètes - par Philippe Champagne
Le mercredi 09 juillet 2008 00:00

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