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Je ne comprends pas

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Jean-Paul Le Bourhis (jplb@xplornet.com)
Envoyé Le jeudi 03 juillet 2008 18:00



je ne comprends vraiment pas. Mais y a-t-il quelque chose de plus ou de moins à comprendre? Je suis né en France. Plus précisément en Bretagne ou mon père, natif de Guimgamp, me disait qu'à l'école, les enfants se faisaient humilier de mille et une façon quand ils parlaient Breton. Mon père a participé à la Deuxième guerre Mondiale. Il a été fait prisonnier. Il s'est évadé. Quand il a rencontré ma mère, il était activement recherché par les nazis. Sa mère habitait alors Paris. Elle est morte sans avoir revu son fils qui ne voulait lui faire courir aucun risque en allant la visiter. Il ne se l'est jamais pardonné.

En 1952, mes parents ont décidé d'émigrer. Ils ont un temps hésité entre le Maroc, la Tunisie, la Californie (surtout) et le Canada. Ils ont choisi le Québec. On y parlait français. et mon père n'était pas intéressé à perdre ses acquis linguistiques récents, qui lui avaient valu de reléguer aux oubliettes sa langue maternelle. Nous avons abouti à Amos car c'est là que mon père avait réussi à se dénicher un emploi. Nous étions la seule famille de "maudits français" du coin. L'adaptation ne s'est pas faite en un jour, mais elle s'est faite et bien faite. Les gens se sont montrés vraiment accueillants. Curés, vicaires et bigots et autres mangeurs de balustrades, un peu moins, c'est vrai. Mais ça c'est une autre histoire. Les premiers temps, ma mère nous reprenait quand nous utilisions des "canadianismes". Et puis elle s'est habituée.

Au référendum de 1980, et mon père et ma mère ont voté oui malgré le climat de peur intense qui régnait sur tout le Québec. Ils n'étaient pas des êtres très politisés, mais pour eux, il était clair que l'avenir de la culture française en terre d'Amérique ne pouvait être garanti que par l'arrivée au pouvoir d'une génération de politiciens prêts à en faire un genre de nord magnétique de leur programme. Ils ont été bien surpris de voir qu'autant de uébécois dits de souche avaient refusé de saisir l'opportunité qui s'offrait enfin à eux et avaient choisi, dans la quiétude de l"isoloir, de voter contre leur propre émancipation collective. Ils se sont dit que bon nombre de leurs ancêtres traités comme des trois fois rien avaient dû ce jour-là se retourner dans leur tombe.

Mes parents avaient très bien saisi le message d'ouverture de cet extraordinaire humaniste de René Lévesque, politicien d'immense envergure qui n'avait rien, mais alors là absolument rien d'un Yan Paisley obtus, malgré la triste réputation qu'on tentait hypocritement de lui faire dans les colonnes de The Gazette et consorts.

Mes parents sont aujourd'hui décédés. Je me demande parfois de quel oeil ils verraient cet absurde débat où on essaie de toutes les façons possibles et imaginables de faire porter à cet éternel complexé de Québécois la responsabilité ultime de la puie de coups qu'i reçoit à droite, à gauche et au milieu.
Ces coups sont assénés ici dans le docte rapport aux conclusions très prévisible de la commission Bouchard-Taylor, là par la délicate souveraine par procuration qui sévit sur nos terres dans un attirail d'apparat de preimère, à l'abri des rituels de l'éternel conquérant.

Entendons-nous bien: je ne déteste pas le Canada qui m'a tatoué l'épaule, comme il l'a fait pour tous les immigrants du temps, d'un double vaccin antivariolique - question sans doute de ne pas nous égarer dans la nature; mais je questionne son attitude à refuser rageusement de négocier
quoi que ce soit avec ceux qui nous représentaient encore avec dignité (je ne parle pas de Charest, c'est sûr) dans un dossier névralgique (la culture) que nous devons contrôler sans partage pour assurer notre avenir.,

En passant: aue le quatre centième anniversaire de l'établissement de Québec par Champlain soit devenu une foire d'empoigne où les conquérants nous forcent à giguer aux sons de leur cornemuse provoque en moi un certain malaise. Un autre.

Un jour, mon père m'a dit que s'il avait su...

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