Ils avaient fait l'effort, les bougres. Oui, c'était surf, conforme aux préceptes de l'évangile selon Dick Dale, dûment nimbé de réverbération. Pourtant, le trio montréalais Surferigno a offert lundi, sous un ciel qui chapeautait de sa grisaille la scène Carrefour de l'angle Jeanne-Mance-De Maisonneuve, une heure presque entièrement composée de surf-jazz. Oui, ô blasphème, ô joie, du jazz manière garçons plagistes. De l'Interlude de Gillespie à My Funny Valentine en passant par l'éreintant Drum Boogie de Gene Krupa, rien n'était à l'épreuve du twang, et la belle foule, qui s'étendait loin aux alentours, opinait du chef en rythme. Certes ont-il pimenté l'affaire de leur Hommage à Duane Eddy, entre autres compositions maison, mais l'alchimie avait donné l'or souhaité: jazz et surf ont copulé, et l'enfant résultant n'était pas monstrueux, malgré son troisième bras. Celui du vibrato.
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